.:: Le Journal De Tanger  News ::.
Dernières nouvelles :

Conférence sur le thème «Sur les traces de Tanger l’antique»

Conférence  sur le thème «Sur les traces de Tanger l’antique»

Le 29-11-2017 à 11:01:58

Le Rotary club Tanger Espoir présidé par notre concitoyenne Meryem Bouhriz, a organisé, dans la soirée de mercredi au Hilton Garden Inn hôtel à Tanger, une importante conférence sur le thème « Sur les traces de Tanger l’antique» animée par l’enseignant-chercheur et ex-conservateur du musée de Tanger, Mohamed Habibi, assisté d’une journaliste.

Ont pris part à cette rencontre, outre plusieurs rotariens de différents clubs de Tanger, un grand nombre de professionnels du patrimoine et de représentants de la scène associative, de la société civile et de l’intelligentsia tangéroises.

Dans un voyage dans le temps à la découverte de Tanger, intra et extra-muros, l’éminent conférencier a évoqué l’histoire culturelle, patrimoniale et archéologique de la ville du détroit, depuis l’époque d’avant Jésus Christ à nos jours.
La nombreuse assistance apprendra ainsi qu’après une présence phénicienne, la ville fut réellement fondée au IVe siècle av. J.-C., par les Carthaginois qui en firent un comptoir important (Tingi). En 146 av. J.-C., à la chute de Carthage, la ville est incluse au royaume de Maurétanie. Tanger (Tingis) prend une telle importance, qu'elle devient, vers le Ier siècle, le chef-lieu de la province romaine de Maurétanie Tingitane
La ville est fortement christianisée dans les siècles suivants. Elle est occupée par les Vandales ariens en 429. Libérée sous le règne de Justinien, au début du VIe siècle, elle est rattachée à l'Empire byzantin et subit les attaques des Wisigoths.
Le général musulman Moussa Ibn Noçaïr, gouverneur du Maghreb au service des Omeyyades de Damas, s'intéresse à Tanger pour sa position stratégique et c'est donc de là qu'en 711, commence la conquête de l'Espagne par les troupes de Tariq ibn Ziyad (un lieutenant d'Ibn Noçaïr), à qui Gibraltar doit son nom (Jabal Tarik) ou « La Montagne de Tarik »). Pendant les cinq siècles qui suivent, des dynasties différentes se disputent la souveraineté de Tanger. Les Idrisides de Fès, les Omeyyades de Cordoue, s'affrontent pour sa domination pendant plus d'un siècle. Au milieu du Xe siècle, les Ifrénides, Maghraouas, Fatimides et Zirides y étendent leur autorité. En 1075, les Almoravides en deviennent maîtres jusqu'en 1149, date à laquelle la ville passe aux Almohades. Elle s'inféode aux Hafsides de Tunis avant de devenir Mérinide en 1274.

Après trois tentatives, les Portugais s'en emparent en 1471 et la cèdent à l'Angleterre en 1661 comme dot apportée par Catherine de Bragance à son époux Charles II d'Angleterre. À l'époque où Tanger était encore une ville portugaise, elle se trouvait à la tête du domaine colonial portugais du Maroc. Dès 1679 Moulay Ismaïl, sultan de l'Empire chérifien alaouite entreprend le siège de la colonie anglaise de Tanger qui lui est abandonnée en 1684, sur décision de Charles II, estimant son occupation par les troupes anglaises inutile et beaucoup trop coûteuse. Au XVIIIe siècle la ville devient la « capitale diplomatique » de l'Empire chérifien et le siège des représentations étrangères accréditées auprès du sultan. Les États-Unis y ouvrent en 1821 ce qui deviendra leur plus ancien consulat permanent dans le monde. La flotte française commandée par le prince de Joinville bombarde la ville en 1844 en représailles au soutien du Maroc à l'émir algérien Abd el-Kader et démantèle les fortifications.

Les rivalités européennes pour le contrôle de la ville, porte entrouverte sur le Maroc, débutent à la fin du XIXe siècle. La France, l'Espagne, le Royaume-Uni et l'Allemagne multiplient les missions diplomatiques, commerciales et militaires pour placer leurs pions, mettant la ville au centre des rivalités internationales. En 1880, la Convention de Madrid tente de définir les relations entre les grandes puissances au sujet du Maroc.

En 1906, la conférence d'Algésiras redéfinit les positions de chacun en Afrique reconnaissant l'indépendance du sultan et affirmant l'égalité des signataires dans le domaine économique. En 1923 les négociations aboutirent à en faire une zone internationale affranchie de droits de douanes. Le 24 juillet 1925, le statut définitif de Tanger est signé par le Royaume-Uni, l'Espagne, la Belgique, les Pays-Bas, les États-Unis, le Portugal, l’Union soviétique et la France, auxquels se joindra l’Italie un peu plus tard.

La ville possède désormais son autonomie financière. On la dote d'une administration internationale, en particulier d'une assemblée législative, L'époque du « Statut international » est celle du plus grand rayonnement international de Tanger, tant dans le domaine culturel que dans celui des affaires, favorisé par les facilités offertes à la contrebande, à l'espionnage et à la contrefaçon.

Le 10 avril 1947, le sultan Mohammed V, accompagné du prince héritier Moulay Hassan (futur Hassan II), prononce à Tanger le premier discours qui fait référence à un Maroc unifié et indépendant rattaché à la nation arabe. En 1956, avec l'indépendance du Maroc, la conférence de Fédala rend Tanger au Maroc.

La ville connaît depuis les années 2000 un développement spectaculaire grâce à l’avènement du Roi Mohammed VI qui a pour la ville du Détroit une attention particulière.

Ce brillant exposé a été suivi d’un large débat au cours duquel l’assistance a posé un certain nombre de questions auxquelles l’éminent conférencier a répondu avec brio.

PH : DR






Partager ceci :
رابط مختصر للمقالة تجده هنا
https://www.lejournaldetanger.com/news2781.html
التعليقات
Add comment