News Reconfiguration des Partis Naufragés ..
(Catégorie Politique)
Posté par Administrateur
الثلاثاء 12 سبتمبر 2017 - 11:19:50

Le 12-09-2017 à 11:19:50
C’est le discours du Trône du 29 juillet dernier qui a fait l’effet d’une bombe en déclenchant un processus de remise en question au sein de l’ensemble des formations politiques nationales qui baignaient, jusque là, dans une léthargie déroutante, s’affrontant farouchement dans une course stérile et sans lendemain favorable à la nation et aux citoyens.

La quasi-totalité des leaders politiques a, en effet, reconnu la pertinence des propos du Roi au sujet d’une classe politique incapable de mobiliser les citoyens, voire opportuniste. « Quand le bilan du pays se révèle positif, les partis, la classe politique et les responsables s’empressent d’occuper le devant de la scène pour engranger les bénéfices politiques et médiatiques des acquis réalisés. Mais, quand le bilan est décevant, on se retranche derrière le Palais Royal et on lui en impute la responsabilité », a fait remarquer le Souverain, enfonçant davantage le clou : « Si le Roi du Maroc n’est pas convaincu par certaines pratiques politiques, s’il ne fait pas confiance à nombre de politiciens, que reste-t-il, donc, au peuple ? »..

Pour le chef du gouvernement Saad Eddine El Othmani, qui est aussi le président du Conseil national du parti Justice et Développement(PJD),« les pannes des élites politiques entravent le développement du Maroc ».

Driss Lachgar de l’Union socialiste des Forces populaires (USFP) a affirmé, quant à lui, que son parti a effectué un diagnostic "détaillé des maladies économiques, sociales, culturelles et médiatiques qui rongent le Maroc ».

« Politiquement, je suis concerné par le discours royal » dira, pour sa part, Ilyas El Omari, avant de présenter sa démission du secrétariat général du parti Authenticité et modernité (PAM).

Des chefs de parti ont également partagé leur avis sans que leur formation se prononce officiellement à ce sujet.

Ainsi, Aziz Akhannouch, président du Rassemblement national des indépendants (RNI), qui a salué le discours "fort" de Mohammed VI, a insisté sur le fait qu'il ne fallait pas "que la pratique politique soit un tremplin pour accéder au pouvoir grâce au support des citoyens".

Mohand Laenser, Premier responsable du Mouvement populaire (MP), a relevé pour sa part que le discours royal exigeait aux partis politiques de « mettre de côté leurs querelles et s'installer autour d'une table pour analyser en profondeur les causes de l'inefficacité du travail politique et du désintérêt des citoyens pour l'action partisane ».

D’autres leaders, à court d’arguments ou baignant dans des problèmes internes, ont préféré se terrer dans le silence au sujet du discours du Roi. C’est notamment le cas de Hamid Chabat qui joue ses dernières cartes au sein de l’Istiqlal, de Benkirane toujours sous le choc de son évincement du poste de chef de gouvernement et qui est fasciné par son troisième mandat non statutaire à la tête du PJD, ou encore de Benabdellah qui sent arriver la foudre depuis les événements du Rif.

Pour ne développer que le cas des grandes formations en détresse, citons d’abors le cas du parti de l’Istiqlal.

Profitant d’une lassitude de Abbas El Fassi, et d’une trêve de combat de Abdelouahed El Fassi, le trublion populiste Hamid Chabat est arrivé à la tête du parti de la Balance en septembre 2012 et, sans culture, sans charisme et sans tact ni dans la parole, ni dans le comportement, il a réussi le tour de force de mettre ce parti à l’état le plus lamentable de son histoire, après cinq années durant lesquelles il a formé deux clans : les soumis et les dociles d’un côté, et les récalcitrants dont Baddou, Ghellab, Hjira, de l’autre

Hamid Chabat et son successeur potentiel Nizar Baraka. Photo : DR

Chabat a passé une certaine période à s’attaquer au chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, allant jusqu’à organiser un défilé d’ânes, incarnant le chef de gouvernement et ses ministres. Finalement, il a fini par se ranger à la botte de Benkirane après l’élection de 2016. Ensuite, il s’en est pris à l’Etat, qu’il a accusé de volonté de le liquider. Il a insulté tout le monde, y compris des leaders d’autres partis comme Ilyas El Omari du PAM et Aziz Akhannouch du RNI, entre autres. Cerise sur le gâteau : il a été à l’origine d’un incident diplomatique entre le Maroc et la Mauritanie.

Enfin, après que les sages du parti de la Balance, et à leur tête feu M’hamed Boucetta, aient déclaré solennellement que Chabat n’a ni les compétences ni l’aptitude à diriger le parti de l’Istiqlal, est arrivée l’hirondelle du printemps, en la personne providentielle de Nizar Baraka, actuellement président du Conseil économique, social et environnemental. Il se met sur les rangs pour briguer le secrétariat général au Congrès électif de la fin de ce mois de septembre, et il n’a d’autre challenger que le désormais très malaimé Chabat. Le suspense s’achèvera à la fin de ce mois, Chabat lâché par les siens et par bien d’autres, n’a pas beaucoup de chance de rempiler.

Autre parti, autre histoire : le PJD est certes de loin le premier parti au Maroc, aussi bien en nombre d’élus parlementaires qu’en termes de « maires » de grandes villes. Il a réussi les exploits électoraux de 2015 et 2016 après avoir dirigé le gouvernement pendant plusieurs années.

Benkirane et El Othmani :l’écart s’amplifie et le sourire
a disparu chez les deux amis d’hier. Photo : DR

Or, aujourd’hui, le PJD vit une crise d’inconstance depuis le remerciement, le 15 mars dernier, de son secrétaire général Abdelilah Benkirane qui traverse, depuis, une passe personnelle difficile. Il ne se remet tout simplement pas de ce départ, et encore moins du choix de son challenger personnel au sein de la mouvance, en l’occurrence Saâdeddine El Othmani.

Ainsi, jamais le Parti de la Lampe n’a vécu de crise interne aussi aiguë que celle qu’il traverse aujourd’hui, éclaboussant la discipline et de la solidarité partisane légendaires de la formation islamiste. Ce qui hérisse le poil des « frères » de Benkirane, c’est surtout l’intégration de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) à la majorité gouvernementale car, quelques jours seulement avant sa destitution, le patron du PJD mettait un point d’honneur à écarter toute alliance avec le parti de la Rose : « Si vous voyez l’USFP dans le gouvernement, ne m’appelez plus Abdelilah Benkirane », déclarait-il, loin de se douter qu’il allait être royalement déposé.

Tout en continuant d’alimenter sournoisement une guerre fratricide secouant les rangs des islamistes, Benkirane s’est assigné l’objectif qui a toujours trotté dans sa tête : celui de briguer un troisième mandat de secrétaire général du PJD, ce que les statuts du parti interdisent.

A ce sujet, un jeu de rôles s’est installé entre dirigeants, les uns, formant l’écrasante majorité, ayant compris que la page Benkirane est tournée, et les autres, en général des recalés du gouvernement, insistant pour maintenir l’actuel chef en fonction, ce qui nécessitera que le parti fasse quelques entorses à ses règlements internes, principalement l’article 16 qui limite le nombre de mandat du secrétaire général à deux.

Le parti est donc divisé en deux clans, les inconditionnels de Benkirane, apôtres du changement des statuts, et les autres qui croient davantage dans l’institution que dans la personnalisation. Au centre, la Jeunesse Pjdiste que Benkirane tente de courtiser à son compte.

On en est là, alors que l’actuel chef du gouvernement, Saadeddine El Otmani, lui-même ancien secrétaire général du parti (2004-2008) est favori pour la succession de Benkirane. Le match continue… Résultat le 10 décembre 2017.
Voyons maintenant ce qui l’en est du parti de la Rose. En fait, l’Union socialiste des Forces populaires (USFP) a perdu de sa prestance et ne pèse plus lourd sur l’échiquier politique, depuis l’arrivée à sa tête en 2012 de Driss Lachgar, succédant à Abdelwahed Radi, doyen du parlement, qui lui-même avait pris la place de Mohamed El Yazghi.

Voilà assez longtemps que le Bureau politique du parti n’a plus tenu la moindre réunion. Des voix s’élèvent, au sein même de la direction du parti, pour dénoncer la « prise en otage du bureau politique » par le Premier secrétaire qui tente, apparemment, d'éviter la confrontation avec certains membres du Bureau politique, sur certains sujets qui fâchent.

Parmi ces «vérités», les mécontents estiment que Lachgar a commis une nouvelle erreur, impardonnable celle-là, après avoir « pistonné » son fils pour le poste de directeur de cabinet de Mohamed Ben Abdelkader, ministre USFPiste en charge de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration. Il faut reconnaître que la «guerre des cabinets» a fait rage au sein des ministères détenus par l’USFP dans le gouvernement El Othmani, où le critère de compétence n’a toujours pas prévalu au niveau de la sélection des cadres du parti.

Driss Lachgar et sa fille Khaoula : «Après-moi, le déluge !» Photo : DR

Une autre polémique vient d’éclater au sujet de l’éventuelle nomination de la fille de Lachgar, Khaoula, comme ambassadrice du royaume en Ethiopie. Cette information ou rumeur a enflammé la toile entre les pour et les contre.
Il se dit aussi que Lachgar, dont c’est le dernier mandat à la tête du parti, n’a pas envie de s’asseoir à la même table que Abdelkrim Benatiq, secrétaire d’Etat chargé des MRE, soupçonné de déblayer le terrain pour assouvir ses ambitions de devenir le futur Premier secrétaire de l’USFP.

Habib El Malki, président de la Chambre des représentants et candidat à la succession de Driss Lachgar, n’est pas en reste, non plus, puisqu’il aurait recruté dans sa seule circonscription électorale pour former son cabinet au parlement.

On voit donc que chacun s’active à tirer un profit personnel de sa position, avant le naufrage. C’est du chacun pour soi et après moi, le déluge !
Nul doute que tout cela ferait un copieux ordre du jour pour l’inéluctable prochaine réunion du Bureau politique de l’USFP.

En attendant, les nostalgiques continuent d’arroser la Rose qui se fane avec l’espoir de pouvoir retrouver un jour l’USFP de Abderrahman El Yousfi, de Abderrahim Bouabid ou encore celle de Ahmed Zaïdi.

Le cas du parti Authenticité et Modernité (PAM) est différent. Le secrétaire général Ilyas El Omari, sentant venir l’orage, a pris tout le monde de court en déposant irrévocablement sa démission, tout en se montrant, toutefois, lucide et conscient de l’enjeu : « Je lâche le secrétariat général du PAM, mais j’en reste membre et je conserve la présidence de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima ! ». Clair et net !

Qui succèdera à El Omari? Photo:DR

Ce parti, créé en 2008 a vu le jour avec l’objectif déclaré, affiché et assumé d‘en découdre avec le PJD et de le bouter électoralement.

Il y a réussi en 2009, lors des municipales. En 2015, le PAM s’est effondré face au PJD, perdant toutes les grandes villes.

En 2016, l’histoire se répète et le PAM, s’est encore incliné devant le PJD, qui a remporté 125 sièges, contre 102 pour le parti du Tracteur. L’arrivée d’Ilyas El Omari n’a pas changé grand-chose à ce qui était prévu. Et puis la crise d’Al Hoceima a fait le reste et, en août, El Omari a, à la surprise générale, quitté le navire, le laissant sans capitaine..

Il n’existe aujourd’hui pas de successeur affiché et on se demande qui se détacherait du lot des nombreux prétendants : Mohamed Cheikh Biadillah, Hassan Benaddi, Mustapha Bakkoury, Fatima Zahra Mansouri, Habib Belkouch ou encore Abdellatif Ouahbi.

Le suspense prendra fin en octobre prochain…
Pour ce qui est des autres partis, il n’y a pas grand ‘chose à dire sinon que le Rassemblement national des indépendants (RNI) qui aligne de très nombreuses compétences vit dans la stabilité, sans crise de leadership. Ce parti de la Colombe a même gagné en notoriété depuis l’arrivée de Aziz Akhannouch à sa tête. Le Mouvement populaire (MP), le parti du progrès et du socialisme (PPS) et l’Union constitutionnelle (UC), se contentent de vivre à l’ombre d’autres grands partis. L’essentiel pour eux, c’est de faire partie de la majorité gouvernante. Peu importe le reste.

Pour les autres partis encore minoritaires , le chemin s’avère encore très long.

De tout ce qui précède, on relève une certaine effervescence sur la scène politique nationale, mais dans l’indifférence totale d’une opinion publique lasse qui boude les politiciens et les urnes…

«Si le Roi du Maroc n’est pas convaincu par certaines pratiques politiques, s’il ne fait pas confiance à nombre de politiciens, que reste-t-il, donc, au peuple ?», Mohammed VI, dixit..
Synthèse du Dr Abdelhak BAKHAT
PH : DR


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