News Interview de Mohamed Amahjour adjoint au maire de Tanger
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Posté par Administrateur
الاثنين 27 فبراير 2017 - 11:44:32

Le 27-02-2017 à 11:44:32
Vous êtes un Tangérois qui est revenu dans sa ville après des années d’éloignement ?
Je suis un vrai Tangérois, né en aout 1961, dans le quartier bas de Marshan, mon père était instituteur. J’ai passé mon enfance entre Marshan et Dradeb. Je suis allé à l’école secondaire dans le palais Moulay Hafid annexe de l’école de la Kasbah, j’en garde un très bon souvenir, apprendre dans ces salles de cours avec ce décor superbe, c’était magnifique. J’ai passé le BAC à Moulay Hachid. J’ai fait un cursus à la Faculté de Tétouan et je suis parti pour dix ans en Belgique.

Quand êtes-vous revenu au Maroc?
Je suis revenu au Maroc en 2004 pour un poste de directeur central au parti justice et développement (PJD) à Rabat.
J’avais commencé le militantisme en tant qu’étudiant, au sein de l’union nationale des étudiants du Maroc (UNEM. L’Union Nationale des Etudiants, en 1990.

Aujourd’hui, vous êtes aux affaires communales, c’est un engagement différent.
Oui, c’est un autre goût que de gérer une ville comme Tanger, en pleine croissance. Mais c’est aussi un engagement passionnant de faire de la politique locale.

Quel est votre vision du Tanger demain?
En 2016, avec le conseil, nous avons travaillé sur un plan : le plan d’action communale (PAC). C’est une grande réflexion qui est en phase terminale de rédaction. Cela nous permet de figer les grandes lignes, les priorités pour imaginer l’avenir de Tanger et engager la ville dans le bon sens.

Notre objectif est de faire de Tanger une ville à la renommée mondiale. C’est une ville qui présente un grand brassage de cultures, de religions, de nationalités. Les axes de réflexion sont focalisés sur la qualité de vie, l’accueil touristique, le développement durable....

Tanger doit-elle fournir encore de gros efforts pour être dans le classement International?
Tanger possède les atouts nécessaires pour être «world class». C’est un standard qui définit les efforts que la ville doit faire.

Pour la capacité d’accueil en hôtellerie, par exemple, on voit qu’il faut accueillir de nouveaux hôtels et augmenter ainsi la capacité en chambres.

Améliorer les transports urbains aussi. Nous projetons d’ équiper la ville bus à haut niveau de service (BHNS) qui ont l’allure d’un tramway sur pneus. Ces bus circulent en site propre, couloirs ou voies réservées sur les grands axes de la ville et sont prioritaires à tous les carrefours. C’est réalisable avec un investissement très lourd.

Concernant les grands travaux en cours au port, le téléphérique et le reste, la livraison est-elle possible en 2017 ?
Ce sont des travaux qui dont gérés par la SAPT. La ville n’a aucune responsabilité dans le déroulement de ces travaux ni dans le respect du planning. Le Maire siège certes au conseil d’administration de cette société, mais sans aucune prérogative.

Toutefois, nous savons que le port de pêche et la Marina sont quasiment terminés. Il reste le projet immobilier qui nécessite plus de temps. Un opérateur devrait s’engager pour cette réalisation et ce serait en cours de finalisation.

Aménager la ville pour qu’elle soit accueillante, attirante c’est bien, mais quelle offre culturelle prévoit-on pour accompagner cette évolution ?
Nous comptons beaucoup sur le rayonnement du Grand palais de la Culture à Malabata dont l’ouverture pourrait être envisagée fin 2017 ou début 2018. C’est vrai que le calendrier événementiel a besoin de s’enrichir avec des animations à caractère International. Mais Tanger manque de salles pour le théâtre et d’autres rencontres culturelles et d’expression artistique. Le nouveau centre culturel Ahmed Boukmakh est déjà une belle réalisation qui offre une salle confortable avec une scène qui peut accueillir de grandes manifestations. La seconde partie qui abrite le conservatoire sera mise en service à la prochaine rentrée. Nous recherchons des partenaires à hauteur de 4 millions de dirhams pour soutenir cet espace moderne. Pour vous dire combien nos difficultés financières sont réelles. Ce centre est mis à la disposition des associations dans des conditions intéressantes.

Le rôle de la Commune n’est -il pas de soutenir les initiatives, les créations??
Oui, la ville n’est pas un organisateur ou créateur d’énénements. La ville doit soutenir, accompagner les projets. La ville est là pour aménager des espaces, les mettre à la disposition des organisateurs, et soutenir les projets.
Malheureusement nous sommes dans une grande difficulté budgétaire et la ville ne peut pas distribuer de subventions comme elle le souhaiterait.

Je ne dis pas que, face à un projet d’envergure qui va dans le sens de notre volonté, de donner des signaux à l’international, nous ne pourrons pas apporter un soutien, mais il faudra que le dossier soit ambitieux.

Dans votre vision culturelle idéale de Tanger, à part le palais des Arts, aucun autre projet à planifier ? Cervantes? Les arènes?
Le Cervantès est toujours la propriété du royaume d’Espagne. Le dossier de donation à l’Etat Marocain est bloqué pour un problème de calendrier politique à l’Assemblée espagnole. Cela devrait se faire prochainement.

Quant aux arènes, nous y projetons un grand lieu de festivités culturelles. Les devis de restauration sont très élevés, impliquant un renforcement des fondations. Il faudra ensuite financer l’aménagement, la mise aux normes de sécurité. J’espère que dans notre présent mandat, nous aurons bien avancé dans ce projet.

A part la cible internationale, les habitants de la Région de Tanger sont aussi créateurs et consommateurs de culture, comment voyez-vous une réponse à ce besoin?
C’est dans nos prévisions et dans notre volonté de créer des maisons de jeunes dans les quartiers, étant conscients que la jeunesse a besoin d’endroits pour accéder à des activités multiples. C’est un grand chantier, mais nous pouvons être optimistes, cela se fera.

Quel pourrait être votre message à tous les animateurs d’associations, et aux Tangérois pour créer un élan et un événement au caractère international que vous souhaitez?
L’art de la rue par exemple peut être une piste pour créer un événement majeur. Il n’est pas assez développé. J’aimerais imaginer un grand rassemblement des associations de caractères, d’activités différentes pour créer une semaine de grand carnaval en investissant les rues de la ville rendues aux piétons avec des expositions et des animations comme on peut en voir dans d’autres villes du monde.

Une semaine riche de poésie, de théâtre, d’art du cirque, de danses, de lectures, d’art plastique, de musiques, de folklore..

Le Journal De Tanger



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