News Retour du Maroc au sein de l’Union Africaine (UA)
(Catégorie Afrique)
Posté par Administrateur
الاثنين 30 يناير 2017 - 12:20:14

Le 30-01-2017 à 12:20:14
- Le compte à rebours est enclenché;
- Qu’en sera-t-il de l’après réintégration?
- Le défi du Maroc est d’améliorer continuellement ses performances africaines.


Le compte à rebours du retour du Maroc au sein de l’Union africaine (UA) est enclenché. En début de semaine, on sera fixé quant à ce dossier.
Cependant, ce retour n’est pas une fin en soi et le travail ne fait que commencer. Il s’agit donc de se projeter dans l’après-réintégration. Le véritable challenge du Maroc, c’est de s’affirmer comme une force économique incontournable dans son continent, car les priorités ont bel et bien changé en Afrique. Les pays du continent pensent plus au développement économique, à la coopération gagnant-gagnant et à la prospérité de leurs peuples. Le temps où les alliances se formaient sur des bases idéologiques est définitivement révolu. Et c’est là où le Maroc a le plus de chance de percer dans des zones africaines où il n’y avait point de présence marocaine. Les récentes visites du Roi dans l’Est du continent sont un signal fort dans ce sens. Ce signal ne fera pas que des heureux, mais produira aussi de la jalousie et de la gêne chez certains pays qui croyaient que ce «terrain» leur était exclusivement acquis. D’aucuns estiment que le Maroc est aujourd’hui le premier investisseur dans l’Afrique subsaharienne et le sera davantage avec son retour à l’UA, alors que d’autres considèrent le royaume comme le 3ème pays africain le plus prospère derrière l’Afrique du Sud et le Botswana.

Le véritable défi marocain, c’est donc d’améliorer continuellement ses performances africaines et de nouer des relations diplomatiques avec tous les pays y compris ceux qui reconnaissent le polisario.

Les enjeux d’un retour au bercail pour le Maroc et pour l’Afrique.

Depuis le 17 juillet 2016, date à laquelle le Roi Mohammed VI a exprimé aux Chefs d’État africains réunis à Kigali à l’occasion du 27ème sommet de l’Union africaine (UA), la volonté légitime du Maroc de retrouver «sa place naturelle» au sein de cette grande famille institutionnelle panafricaine, après une absence de 32 ans, cette question est au centre d’intérêt de toutes les capitales africaines.


En fait, le Royaume du Maroc, membre fondateur de l’Organisation de l'unité africaine (OUA), aujourd’hui « Union africaine (UA), ne revient pas au sein de cette organisation en tant que demandeur, mais en étant demandé, a indiqué le Souverain dans son message.

Pour mieux comprendre l'histoire qui se joue actuellement, il est nécessaire de remonter au 12 novembre 1984, lorsque le Maroc décide de claquer la porte de l'organisation qui vient de reconnaître le polisario comme «gouvernement du sahara occidental». Les propos de S.M. Hassan II avaient d'ailleurs été clairs sur le sujet : «Voilà, et je le déplore, l'heure de nous séparer. En attendant des jours plus sages, nous vous disons adieu et nous vous souhaitons bonne chance avec votre nouveau partenaire». La décision du Royaume avait alors été forte et claire, et surtout sans ambiguïtés, sur sa volonté de quitter cet organisme qu'il a créé, mais qui l'a pourtant trahi en accueillant le polisario.

Maintenant, 32 ans après, le mouvement séparatiste est toujours membre de l'UA et le Maroc fait le vœu d'y entrer. Comment donc expliquer ce paradoxe ?
D’un point de vue pragmatique, il est plus que logique que le Maroc entre dans l'Union africaine. D'abord pour des questions historiques, sécuritaires et de co-développement. En outre, avec une Union du Maghreb chancelante, l'Union africaine constitue le seul cadre sur le continent qui peut permettre au Maroc d'affirmer et de conforter sa position de leader africain. Un seul point noir : la présence du polisario et la rasd, une pseudo république qui a privé, plus de trois décennies durant, l’UA d’un acteur stratégique qui ne souhaite pas siéger dans la même assemblée que cette entité, dont ni lui ni une grande partie des pays africains ne reconnaissent ni l'existence ni la pertinence et qui de plus dispose d’une grande capacité de nuisance.
Parmi les 28 pays qui ont signé une pétition pour le départ du polisario figure le Ghana qui continue de reconnaitre la pseudo-rasd, mais dont l’adhésion à la pétition démontre aujourd’hui l’affranchissement d’une bonne partie des pays africains des pressions algériennes.

Au même moment, d’autres pays continuent de porter des œillères, tels le Nigeria, l'Afrique du Sud ou même l'Angola. Une situation très ambiguë, puisque ces pays refusent d’admettre la réalité, qu’il s’agit d’une poignée de mercenaires qui «squatte» le camp de Tindouf prenant en otages des populations qui vivent dans des conditions des plus effroyables, alors même que des aides annuelles qui leur sont destinées sont détournées.

Il s’agit donc d’une question d’appréciation des problématiques africaines auxquelles le Maroc peut aider à apporter une réponse, en tant que partenaire crédible avec un savoir-faire dans des secteurs-clés dont le continent a besoin, tels que l’agriculture, l’aéronautique, les énergies renouvelables ou l’automobile, entre autres.

L'ensemble de ces considérations nous amène à dire que l’Union africaine reste dans une position assez délicate actuellement. D'un côté, le retour du Maroc en son sein présente des avantages indéniables aussi bien sur le plan du co-développement que sur le plan de la sécurité. Mais de l'autre, la présence d’une pseudo-république qui sert les intérêts du voisin maghrébin pourrait sérieusement handicaper la bonne marche de cette institution, du fait que cette situation a déjà créé un clivage au sein de l’UA entre les francophones et les anglophones, clivage qui peut l'affaiblir à long terme.

Les dernières visites royales en Afrique ont pesé de manière décisive sur la décision de plusieurs pays de revoir leur soutien aux séparatistes du polisario pour se rapprocher du royaume avec lequel ils étaient en froid, pour signer aussitôt le document proposé par des nations amies afin d’apporter leur soutien à l’initiative marocaine de réintégrer l’Union Africaine lors de son 28ème sommet de ce mois de janvier prévu au siège de l’organisation à Adis Abbeba, la capitale éthiopienne.

Le dernier pays à s’être rallié pour demander ce retour n’est autre que la Mauritanie qui, après une période de froid avec Rabat, a traduit dans les faits son souhait de normalisation suite à une initiative royale en ce sens.
Le royaume dispose ainsi de 42 soutiens écrits et définitifs de la part d’Etats membres, un chiffre largement suffisant pour que l’adhésion soit prononcée à la majorité simple de 28 voix et, sauf coup de théâtre de dernière minute, le Maroc devrait retrouver son siège et signer un retour triomphal sur de nouvelles bases avant de devoir batailler dur pour faire aboutir une solution définitive sur la question du Sahara en dépit des manœuvres algériennes.

Le sommet des chefs d’Etat aura lieu les 30 et 31 janvier 2017 et l’adhésion du Maroc figure au troisième point à l’ordre du jour, ce qui signifie qu’elle devrait être prononcée le 30, premier jour du sommet.
La présence du Roi Mohammed VI n’est toujours pas officialisée. Elle pourra l’être lorsque le déroulé des deux journées décisives des 30 et 31 sera connu avec précision. Tant que ce déroulé n’est pas maîtrisé, il y aura incertitude à ce niveau.

Comment l'Algérie et le Polisario préparent leur riposte.

Le Maroc a été accusé par l’Algérie, l’Afrique du Sud, la Namibie, l’Angola et le Mozambique d’être un pays expansionniste qui ne reconnait pas les frontières internationales. Le royaume a réussi à démontrer le contraire par une ratification au niveau de son parlement.

Pour sa part, le Polisario qui joue ses dernières cartouches, a tenté de maintenir le Maroc à l’écart de l’Union africaine car c’est la seule tribune diplomatique dont disposent les séparatistes à l’international. Ses dirigeants et l’Algérie, soutenus par la présidente sortante de la commission africaine, ont tout fait pour saper le retour du Royaume, mais comme ils ont échoué, ils essaient maintenant de préparer leur opinion publique à leur exclusion qui est inéluctable.

En effet, depuis que la réintégration du Maroc est quasi actée, le chef du polisario s’est livré à un marathon : il enchaîne les réunions et les déclarations avec des ministres algériens. Sous couvert de triomphalisme, il prépare son opinion publique et celle de l'Algérie, au retour du Maroc dans la famille africaine, allant jusqu’à affirmer : « L'adhésion du Maroc à l'UA est une grande victoire pour nous ». C'est ainsi que s'est exprimé Brahim Ghali. Cette phrase signifie que l'Algérie et le Polisario ont accepté leur première défaite, avec la ratification de l'Acte constitutif.

A l’issue d’une réunion tenue à Alger le 23 janvier courant avec le Premier ministre algérien, le ministre des Affaires étrangères et le ministre des Affaires maghrébines et africaines, Ibrahim Ghali a déclaré qu'il avait pris acte de la ratification par le Maroc de l’Acte constitutif de l’UA.

Résigné au scénario de la réintégration du royaume qu’il n’avait cessé de combattre avec l’aide de ses mentors algériens et sud-africains, il a poursuivi que l’année 2017 sera une année pleine de défis et de sacrifices sur les plans militaires, diplomatiques, sociaux, médiatiques et juridiques.

Se voulant rassurant pour ceux qui s’opposent à ce retour, il a affirmé que la partie n’était pas gagnée, car même si "le sommet va examiner la demande, la réponse des pays africains dépendra du degré de sérieux du Maroc".

Une fuite en avant, sachant que le processus en cours consacrera l’entrée en force du Royaume dans cette institution et, après le retour du Maroc dans l’organisation africaine, la deuxième étape sera d’obtenir deux tiers des votes des pays membres pour changer le règlement intérieur de l’UA, afin d’expulser de ses rangs le polisario.

Le retour du Maroc au sein de l’UA n’est pas une fin en soi

Le retour du royaume au sein de l’Union africaine n’est pas une fin en soi et le travail ne fait que commencer car il s’agit de se projeter dans l’après-réintégration. Le véritable challenge du Maroc, c’est de s’affirmer comme une force économique incontournable dans son continent, car les priorités ont bel et bien changé en Afrique. Les pays du continent pensent plus au développement économique, à la coopération gagnant-gagnant et à la prospérité de leurs peuples. Le temps où les alliances se formaient sur des bases idéologiques est définitivement révolu. Et c’est là où le Maroc a le plus de chance de percer dans des zones africaines où il n’y avait point de présence marocaine. Les récentes visites du Roi dans l’Est du continent sont un signal fort qui ne fait pas que des heureux, mais produit aussi de la jalousie et de la gêne chez certains pays qui croyaient que ce «terrain» leur était exclusivement acquis. D’aucuns estiment que le Maroc est aujourd’hui le premier investisseur dans l’Afrique subsaharienne et le sera davantage avec son retour à l’UA, alors que d’autres considèrent le royaume comme le 3ème pays africain le plus prospère derrière l’Afrique du Sud et le Botswana. Le véritable défi marocain, c’est donc d’améliorer continuellement ses performances africaines et de nouer des relations diplomatiques avec tous les pays y compris ceux qui s’accrochent encore à reconnaître le Polisario..

Par : Mohamed ABOUABDILLAH

Le Journal De Tanger



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