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Enseignement supérieur La rentrée universitaire sous de nouveaux signes

Enseignement supérieur La rentrée universitaire  sous de nouveaux signes

le journal de tanger - Abelhak bakhat

Cette rentrée universitaire ne sera certainement pas identique aux précédentes ! Le système éducatif vit aujourd’hui au rythme de grands changements qui commenceront dès cette année.
Une récente étude a dressé la liste des dysfonctionnements qui freinent la montée en gamme de l’Enseignement supérieur et des carences qui empêchent une gouvernance rigoureuse, tant au niveau des services ministériels qu’universitaires.
C’est d’abord au sein même du ministère que se révèle l’absence d’un cadre de réflexion concerté, utile à la bonne définition des orientations à prendre en fonction des besoins sociaux, économiques et culturels du royaume, partant du fait que la formation professionnelle au sein de l’Enseignement supérieur public se fait sans étude préalable du marché de l’emploi.
D’autre part, les défaillances de gouvernance s’observent aussi au niveau de certaines universités, notamment lorsque des chefs d’établissements travaillent sur la base de leurs projets de développement, sans harmonie avec le projet de la présidence.
Ces constats ont amené le ministère, cette année, à prendre un certain nombre de mesures de redressement pour une amélioration de la gouvernance, la promotion de l’enseignement dans les établissements à accès ouvert, la qualification et le recrutement des ressources humaines sachant que, si dans les établissements à accès limité, on compte en moyenne un enseignant pour quelques dizaines d’étudiants, dans certaines facultés ouvertes, ce chiffre passe à plus de 200 étudiants sur les gradins d’un amphi. En 2019, les besoins en enseignants seront grands alors que le nombre des postes budgétaires affectés à l’Enseignement supérieur reste très limité.
Ainsi, selon le ministère de tutelle, cette rentrée universitaire qui comptera quelque 895715 étudiants dont 47890 dans le privé, se présente sous de nouveaux signes


Dans sa politique actuelle, le ministère de l’Education nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, affirme avoir recours à quatre outils :

1- Les différentes instructions du Roi Mohammed VI prononcées dans ses discours ;

2- Le rapport du Conseil supérieur de l’Education, de la Formation et de la Recherche scientifique (CSEFRS), intitulé « Vision stratégique 2015-2030 : pour une école de l’équité, de la qualité et de la promotion » ;

3- La loi 01-00 qui organise le secteur de l’Enseignement supérieur ;

4- Le plan d’action du secteur de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique datant de 2017.

Aujourd’hui, face à un système statique et non réactif où l’enseignement a gardé les mêmes pratiques pédagogiques, les mêmes références et les mêmes programmes, l’enjeu des différentes réformes envisagées est de rehausser la qualité de l’Enseignement supérieur et d’intégrer l’université dans son milieu socio-économique.

Ainsi, après avoir dressé les états des lieux de l’enseignement au Maroc, de ses faiblesses et de ses contraintes, le ministre de l’Education nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Saïd Amzazi, a présenté les actions futures de son département. Une stratégie, conforme aux recommandations royales et dont les axes découlent du projet de loi-cadre qui vient d’être adopté lors du dernier conseil des ministres qui s’était tenu lundi 20 août 2018, devant être débattu dans les deux chambres au parlement. Cette loi-cadre qui incarne la vision nationale 2015-2030 de l’Education, de la Formation et de la Recherche scientifique, constituerait, selon ses initiateurs, une réforme ambitieuse et profonde en phase avec les défis que doit relever le Maroc.

Pour le ministre, il s’agit d’offrir un nouvel horizon pour la jeunesse marocaine en lui proposant des filières plus innovantes et plus attractives qui permettront une insertion réussie au marché de l’emploi, partant du constat que le monde change, les métiers changent, la connaissance et la technologie évoluent et sont en perpétuelle mutation. Concrètement, plusieurs chantiers sont ouverts.

Parmi les défis de taille se trouve l’amélioration de l’orientation scolaire des élèves pour décider de ce qu’ils veulent faire comme études après le baccalauréat. C’est la tâche de conseillers et inspecteurs en orientation scolaire, dépendant directement du ministère.

Pour que cette orientation soit efficace, plusieurs éléments entrent en compte dont les notes et la moyenne de l’élève qui est, en outre, soumis à des tests et entretiens pour découvrir et dégager la réelle mesure de ses compétences et aptitudes. Il est également essentiel que l’apprenant puisse développer un projet personnel et professionnel pour faciliter son choix et son projet dans la vie. Ce n’est qu’une fois que l’élève montre des motivations par rapport à sont avenir, qu’on peut déterminer la trajectoire universitaire la mieux adaptée à son cas.

Or, ce système souffre grandement d’un déficit en ressources humaines. Il existe actuellement près de 800 conseillers en orientation pour l’ensemble du royaume. Chaque conseiller se voit attribuer 2 ou 3 collèges et lycées où il a la charge d’encadrer environ 3000 élèves, ce qui rend difficile un accompagnement efficace de chaque élève.

Mais, cette situation est appelée à s’améliorer progressivement dès cette année, dans la finalité de doter chaque établissement scolaire d’un conseiller d’orientation, voire la création d’un guichet unique d’orientation mis à la disposition de l’élève au niveau de chaque région.

La gouvernance est également citée en tête des défis qui passeront, en premier lieu, par le renforcement de l’indépendance des universités à l’instar des modèles internationaux.
Le principe de l’indépendance devra être basé sur la contractualisation pour lier la responsabilité à la reddition des comptes.

Il faut ainsi institutionnaliser l’auto-évaluation chaque année ainsi que le bilan d’étape tous les deux ans et l’évaluation externe tous les quatre ans.

Sur le plan financier, un nouveau statut est proposé, pour que l’université ne soit plus un établissement public à caractère administratif, mais un organisme productif soumis à un contrôle d’accompagnement.

Le modèle de gestion sera également révisé sachant qu’actuellement, les universités sont administrées par un conseil qui peut parfois atteindre jusqu’à 100 membres. Ce qui complique les prises de décision. Quant au conseil de gestion dont le nombre des membres est limité, il n’a aucun pouvoir décisionnel. À cela s’ajoute une autre aberration : l’absence d’organigramme.

Il s’agit, par ailleurs, de revoir le système de nomination des présidents des universités et des établissements en vue de créer une bonne synergie entre les deux entités.

D’autre part, il serait envisagé de former des fondations partenariales chargées de créer les ponts entre l’entreprise et l’université.

S’agissant des ressources humaines, il s’avère nécessaire de mettre fin à la problématique du manque d’enseignants qui risque d’être exacerbée par les départs à la retraite, les retraites anticipées et la fuite des cerveaux, sachant que 600 cadres marocains quittent le pays, chaque année, pour aller s’épanouir ailleurs.

La gestion des ressources humaines sera cédée progressivement aux universités.
D’autre part, le dossier de la formation des enseignants et des recrutements est épineux dans les établissements à accès ouvert qui accueillent plus de 80% des étudiants. Le taux d’encadrement varie d’un établissement à l’autre.

Enfin, la restructuration de la recherche scientifique est aussi un pilier important dans la réforme.
Aujourd’hui, malgré son rythme de production scientifique, le Maroc arrive à la 6ème place en Afrique, après l’Afrique du Sud, l’Égypte, la Tunisie, le Nigeria et l’Algérie, alors que le royaume occupait la 3ème place en 2005.

Cette dégringolade est expliquée d’une part les départs volontaires de 2005 et d’autre part la réforme doctorale de 1997.

Le ministère prône, entre autres, la mise en place d’un système post-doctorat et la création d’un nouveau type de bourse pour les étudiants-chercheurs. La réflexion est en cours pour un nouveau modèle national basé sur le regroupement des laboratoires dans un grand centre en vue de disposer d'une masse critique tant pour les professeurs que les docteurs.

En conclusion, on peut considérer que ce changement général de cap dans le secteur de l’Enseignement est prometteur à plus d’un titre. Il faudra sans doute un certain temps et une période de transition pour que les mécanismes envisagés se mettent en place et entrent harmonieusement en fonction.

Cela requiert certes beaucoup de moyens et une grande volonté. Mais aussi et surtout la prise de conscience de l’enjeu et la clairvoyance des gouvernants qui doivent quitter leur coquille de politicards pour intégrer celle de gestionnaires à la hauteur de la tâche qui leur incombe et des ambitions du Maroc qui peine à percer dans l’intégration universelle…





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