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Ilyas El Omari torpille son forum national sur les événements d’Al Hoceima

Ilyas El Omari torpille son forum national sur les événements d’Al Hoceima

Le 19-06-2017 à 13:44:51

Le 29 mai dernier, le président du conseil de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Ilyas El Omari , décidait l’organisation à Tanger d’un Forum national sur les manifestations que connait Al Hoceima dont la date a été fixée au vendredi 16 juin courant, c’est à dire hier.

Mais, là où le bât blesse, c’est qu’au lieu de s’attacher à préparer comme il se doit le forum annoncé qui nécessite, comme on peut l’imaginer, un effort organisationnel considérable, Ilyas El Omari a, par contre, torpillé à l’avance toutes les chances de réussite de ce rendez-vous supposé salvateur pour la crise d’Al Hoceima, en tirant à boulets rouges sur certains partenaires attendus à la rencontre du 16 juin. C’était en direct lors de l’émission télévisée "Daïf Al Aoula" sur la première chaîne nationale, mardi 13 juin, soit trois jours seulement avant la tenue du Forum annoncé.

Certes, nous ne contestons pas le fait qu’Ilyas El Omari tire les choses au clair, selon sa propre vision. C’est son droit constitutionnel comme pour tout Marocain. Mais, ce que l’on déplore surtout c’est que le président de la région a mal choisi le moment car, pour l’instant, on n’est pas à l’heure des règlements de comptes, mais l’urgence est d’abord à l’extinction de la colère dans le Rif et à la mise en application des programmes dressés à différents niveaux.
Ensuite, il sera toujours temps de laver notre linge sale…mais plus tard !

Le 29 mai dernier, le président du conseil de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Ilyas El Omari , annonçait l’organisation à Tanger, d’un Forum national sur les manifestations que connait Al Hoceima, dont la date a été fixée au vendredi 16 juin courant., c’est-à-dire hier.

"Ce ne sera pas un débat, mais une ouverture de la région représentée par toutes ses composantes sur les événements que vit Al Hoceima", avait alors expliqué El Omari, impliquant syndicats, associations, partis politiques, représentants gouvernementaux, élus, conseil économique, social et environnemental (CESE), conseil national des droits de l’Homme (CNDH), familles, comités de soutien et de défense des manifestants arrêtés…Tous étaient invités à ce forum.

Jusque-là, tout va bien et démontre une volonté du président de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et secrétaire général du Parti authenticité et modernité (PAM), et surtout natif de Bni Bouayach, de rattraper l’immense retard qu’il a mis à prendre le train d’Al Hoceima, en marche depuis bientôt huit mois, plus exactement depuis le regrettable accident qui a coûté la vie au mois d’octobre 2016 au défunt Mohcine Fikri.

Toujours est-il qu’en attendant que ce nouveau projet personnel d’El Omari voit le jour, le président de la région berçait l'espoir que ce Forum permettrait à la région de voir le bout du tunnel. "En tant que président de la région, j’ai la ferme conviction que si nous travaillons tous main dans la main, on sortira de la crise", répétait-il.

Mais, là où le bât blesse, c’est qu’au lieu de s’attacher à préparer comme il se doit le forum annoncé qui nécessite, comme on peut l’imaginer, un effort organisationnel considérable, notre ami Ilyas El Omari a, par contre, torpillé à l’avance toutes les chances de réussite de ce rendez-vous supposé salvateur pour la crise d’Al Hoceima, en tirant à boulets rouges sur certains partenaires attendus à la rencontre du 16 juin. C’était en direct lors de l’émission télévisée "Daïf Al Aoula" sur la première chaîne nationale, mardi 13 juin, soit trois jours seulement avant la tenue du Forum annoncé.

Ilyas El Omari a, en effet, saisi l’occasion de son passage à la télévision pour pointer du doigt le rôle du gouvernement Benkirane dans le retard de la réalisation du programme «Al Hoceima phare de la Méditerranée». Selon lui le cabinet Benkirane «punissait Al Hoceima». Il n’a pas expliqué les raisons lui permettant de proférer une telle accusation.

El Omari a ainsi profité pour renvoyer la balle dans le camp du gouvernement, répondant aux accusations portées à son encontre par certains acteurs politiques sur sa responsabilité dans le retard de la réalisation du programme «Al Hoceima phare de la Méditerranée».


Cette fois preuve à l’appui, El Omari a annoncé par exemple que lors de la signature du projet devant le Roi Mohammed VI, le cabinet Benkirane s’était engagé à injecter 2 milliards de dirhams entre octobre 2015 et décembre 2016. Seulement ce délai est passé «sans débourser le moindre centime» dira-t-il.

Le président du conseil de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima a ensuite enchainé en dressant un virulent réquisitoire contre Nabil Benabdellah. Selon lui, le ministre de l’Habitat avait promis en 2015 d’investir 4,2 MM dh à l’horizon 2019. Une fois de plus, Ilyas El Omari a affirmé que le ministre n’a pas honoré ses engagements.

«Ce n’est que récemment qu’il a donné 500 millions dh à l’Agence de développement des provinces du nord pour réaliser la construction de projets de logement.»

Le choix de concentrer ses attaques sur Benabdellah n’est pas fortuit. El Omari répond ainsi aux critiques exprimées par le secrétaire général du PPS, lors de son dernier passage sur la chaîne Medi1TV. Le ministre avait notamment pointé la responsabilité du PAM dans la détérioration des conditions de vie des habitants d’Al Hoceima. Benabdellah a en effet exclu que le Tracteur «qui est une partie du problème soit une composante dans l'élaboration de la solution» dans le Rif.

Outre la polémique avec Nabil Benaddellah, le passage d’El Omari a eu le mérite de révéler à l'opinion publique que la «régionalisation avancée» n’a pas encore dépassé le stade du slogan. «Elle n’existe que sur le papier», a-t-il même martelé.

Le n°1 du PAM a par ailleurs demandé la constitution d’une enquête parlementaire sur les événements d’Al Hoceima.


La premiere réaction au passage télévisé d’El Omari nous vient du ministre d’Etat chargé des droits de l’homme, ex-ministre de la Justice, et membre du secrétariat général du Parti de la justice et du développement (PJD), Mustapha Ramid qui exprime son refus catégorique de participer au Forum du 16 juin à Tanger , accusant Ilyas El Omari d’une sortie médiatique "inappropriée", voire "ratée".

Mercredi, sur sa page Facebook, le ministre d’Etat a estimé que la sortie médiatique «organisée d’Ilyas El Omari n’a pas été un succès». Pour lui, le président de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima a choisi un mauvais timing, deux jours avant la Conférence nationale sur la situation de la province d’Al Hoceima. «Il n’était pas censé anticiper les travaux de la conférence, dont il a décidé de la tenue sans consulter personne», poursuit Ramid, ajoutant : « El Omari devait reporter sa sortie médiatique pour l’après-conférence afin d’en présenter les résultats. Il a décidé de régler le débat avant de commencer sa conférence et d’accuser le gouvernement et l’ensemble des institutions en réduisant leur travail. Il s’agit d’une tentative désespérée de rendre justice à sa personne et à son parti. Je m’interroge sur l’intérêt de cette conférence.»

Le ministre d’Etat chargé des droits de l’homme annonce aussi qu’il sera donc absent à la conférence organisée vendredi à Tanger. «Au revoir lors d’une autre conférence que vous préparerez bien, en commençant d’abord par respecter vos invités, en gardant pour vous ce que vous voulez exprimer jusqu’à ce que vous le dites en direct afin de donner aux autres l’occasion de répondre, et permettre à tout le monde d’accéder à la vérité», écrit-il.
«Les bombardements à l’aveuglette à destination de tout le monde, avec toutes ces accusations, sont faciles et ne nécessiteront aucune conférence», conclut-il, reprochant, au leader du PAM, sans le dire, de vouloir tirer, encore une fois, la couverture à lui, estime Ramid.

D’un autre côté, on se demandait jusqu’à hier vendredi, si le chef du gouvernement Saâdeddine El Othmani et ses ministres prendraient-ils part au Forum de Tanger, sachant qu’El Omari a invité tous les membres de l’exécutif à assister à la conférence.


Pour les observateurs, le fait d’opter pour la chaise vide ne bénéficierait guère au cabinet El Othmani alors que sa gestion du mouvement de contestation fait l’objet de vives critiques émanant de quasiment tous les acteurs politiques dans le Rif y compris même au sein du PJD.

La présence de représentants du gouvernement leur permettrait de se défendre et espérer gagner quelques actions perdues suite au premier communiqué des six partis de la majorité du 14 mai accusant les protestataires à Al Hoceima d’être «au service d’un agenda étranger» et de «séparatisme».

Conclusion
Certes, pour notre part, nous ne contestons pas le fait qu’Ilyas El Omari tire les choses au clair, selon sa propre vision. C’est son droit constitutionnel comme pour tout Marocain. Mais, ce que l’on déplore surtout c’est que le président de la région a mal choisi le moment car, pour l’instant, on n’est pas à l’heure des règlements de comptes, mais l’urgence est d’abord à l’extinction de la colère dans le Rif et à la mise en application des programmes dressés à différents niveaux.
Ensuite, il sera toujours temps de laver notre linge sale…mais, plus tard !

PH : DR




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