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Benkirane quitte le parlement

Benkirane quitte le parlement

Le 17-04-2017 à 15:30:20

Comme dans tous les partis et à chaque formation de gouvernement, il y a les contents, ceux qui y sont, et les mécontents, les déçus, ceux qui ont été laissés dehors. Au PJD, on ne déroge pas à cette règle, sauf que pour ce parti, les choses vont autrement… Et tout est masqué sous la colère du limogeage de Benkirane…une sortie qu’il aura pourtant sciemment provoquée.

On sait que les Maelainine, Hamieddine, Moâtassim et autres Elomari, voulaient adhérer à la formation gouvernementale, mais leur proximité avec Benkirane aura joué en leur défaveur. L’ancien chef du gouvernement ne se fait pas à son départ précipité. Et ainsi, ce sont des médias amis qui portent la voix de ces cadres du PJD qui n’ont pas été promus au gouvernement. Un quotidien a d’ailleurs titré « le gouvernement Akhannouch présidé par El Otmani »… Ce qui démontre une colère déibérée contre Saädeddine El Othmani et son nouveau gouvernement.

Benkirane lui-même qui, sans s’en prendre directement à son successeur, a dit aux jeunes de son parti que lui et sa formation continueraient de lutter et que l’heure de la reddition des comptes allait arriver un jour. Sur les réseaux, les sarcasmes et les railleries au détriment du gouvernement ne cessent pas… Après les six ministres de l’eau, et autant de sarcasmes du même tonneau.

D’autres prêtent à Saâdeddine El othmani l’intention de prendre le congrès d’assaut, en s’étant assuré la présence à ses côtés de la majorité des membres du secrétariat général du PJD, en vue de peser sur les décisions futures et de s’assurer la fonction de secrétaire général, à la place de Benkirane.

En réalité, le Maroc n’a nul besoin de tribuns enragés et enflammés, mais de responsables pondérés et, tout compte fait, ElOthmani en est un.
En gros, cela signifie que les cadres du PJD ont, comme tout le monde, les yeux sur les départements ministériels, AbdelilahBenkirane lui-même n’ayant jamais cessé de parler des avantages matériels de la fonction gouvernementale, des salaires et des primes qui vont avec. Sauf que, contrairement aux autres formatons, les déçus du PJD sont dans l’agressivité frontale, sous couvert de démocratie et de respect du résultat des urnes. Et pourtant, le PJD a eu 12 ministères, contre 7 pour le RNI.

La dernière, c’est que l’ancien chef du gouvernement AbdelilahBenkirane a décidé de présenter sa démission de la Chambre des représentants. Il est dit que cette décision part du respect du principe de séparation des pouvoirs, en cela que Benkirane aurait dû démissionner quand il avait été reconduit à la tête du gouvernement, en octobre dernier, ce qui n’avait pas été fait,contrairement aux autres ministres élus. Mais cela était explicable car au nom de la continuité du service public, Benkirane ne pouvait démissionner.

Or, évoquer aujourd’hui cette raison serait étrange du fait que Benkirane n’est plus membre du gouvernement, et peut donc tout à fait remplir sa fonction de parlementaire.
On n’en sait pas plus pour l’instant, sauf que le départ de Benkirane du gouvernement est (pour l’instant inexplicable, après son discours très fort face aux jeunes de son parti, le 9 avril, où il avait dit son intention de poursuivre son « combat » pour les valeurs et les principes qu’il a toujours défendus.

Autre enjeu à court terme, c’est le secrétariat général du PJD. Benkirane souhaitait rempiler pour un troisième mandat. Son second mandat à la tête du parti a pris fin en 2016. Il a été prolongé d’une année car le parti a voulu éviter des dissensions ou un éventuel changement à sa tête à la veille des élections.
Le règlement intérieur interdit plus de deux mandats successifs. Il faudrait donc l’amender et cela ne peut être fait que par le Conseil national ou le congrès.

Au moment où il espérait un troisième mandat, Benkirane disait qu’il est impossible de diriger le gouvernement sans diriger le PJD. Aujourd’hui, cette maxime n’est plus d’actualité car ses soutiens au sein du PJD ou ceux qui se présentent comme tels, disent le contraire : il faut séparer le parti du gouvernement. Il est vrai que Benkirane dirigeait les deux et donnait parfois l’impression de les confondre et d’autres fois, d’être dans l’opposition.

A partir de cette affirmation concernant une supposée nécessité de séparer le parti du gouvernement, l’idée est donc d’une part de barrer la route à une ascension d’El Othmani et d’autre part, de baliser la voie à un troisième mandat de Benkirane.

Tel est l’enjeu qui se jouera dans les prochaines semaines. D’ores et déjà, des barons du PJD se comportent comme s’ils étaient dans l’Opposition. Ces barons ainsi que les brigades électroniques du parti, seront à l’affut du moindre faux-pas du gouvernement et de leurs propres ministres.




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