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El Othmani constitue son gouvernement sous tension…

El Othmani constitue son gouvernement  sous tension…

Le 03-04-2017 à 10:35:43

Le chef de gouvernement désigné, Saâdeddine El Othmani, a réussi, dans un court laps de temps, à composer une coalition gouvernementale. Mais, sa démarche ne semble pas avoir emporté l’adhésion de tous les membres de son parti de la justice et du développement (PJD), notamment à cause de l’intégration de l’union socialiste des forces populaires (USFP) dans le nouvel exécutif suscitant la consternation de plusieurs militants du PJD dont certains membres vont jusqu’à menacer El Othmani de voter contre le programme gouvernemental, si Driss Lachgar, premier secrétaire de l'USFP, occupe un poste de ministre dans le prochain gouvernement.

En réaction à ces manœuvres, les dirigeants de l’USFP ont, de leur côté, publié un communiqué dans lequel ils appellent leur premier secrétaire à ne pas renoncer à un poste de ministre dans le nouvel exécutif..

Les instances du Parti de la justice et du développement (PJD) ont beau vouloir donner l'image d'une parfaite entente, notamment à travers des communiqués soutenant le nouveau chef du gouvernement, Saad Eddine El Othmani, l'harmonie est loin d'être au rendez-vous. Si la pilule de la mise à l’écart d’Abdelilah Benkirane est belle et bien avalée, l’entrée de l’USFP au gouvernement ne fait toujours pas l’unanimité dans les rangs du parti de la Lampe.

Ainsi pour barrer la route à Driss Lachgar de l’USFP, outre la menace de voter contre le programme gouvernemental qui leur sera soumis à l’issue de la formation du nouveau gouvernement, certains militants péjidistes, à l’instar d’Amina Maelainine, ont appelé fermement El Othmani à marcher dans le sillage des réformes entamées préalablement par son prédécesseur Abdelilah Benkirane et de ne pas se laisser influencer par les autres partis constituant la majorité, qui souhaiteraient abroger ces réformes.
Les militants du PJD n’ont pas caché également leur crainte de voir El Othmani courber l’échine face aux autres chefs de partis, chose qu’ils considéreraient comme une véritable « humiliation » pour leur parti, arrivé en tête des dernières élections législatives.

Fidèle à lui-même, Abdelilah Benkirane s’est confié à cœur ouvert sur les réactions suscitées par l’approche adoptée par son successeur pour sortir de l’impasse, lors des travaux de la commission chargée de la sélection des ministrables du PJD, tenue samedi dernier et présidée par Benkirane. Selon ce dernier, certains membres du secrétariat général du parti ont du mal à accepter la nouvelle situation créée par El Othmani. "Ils sont un ou deux membres à avoir refusé l’élargissement des consultations aux partis de l’opposition", a t-il déclaré. Mais, en réalité, le nombre des opposants à l’entrée de l’USFP au gouvernement est bien plus élevé. Nous croyons savoir que cinq membres du PJD ont fortement critiqué ce revirement de position, estimant que l'entrée de l'USFP fragilisera la majorité.

Faute d'alternative, ils se sont pliés à la décision de l'état-major du parti. Le PJD avait pourtant le choix de basculer dans l'opposition, comme l'avait déjà affirmé Benkirane réputé pour dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. D’ailleurs, il n’a pas pu se maîtriser devant les membres du secrétariat du parti, préférant quitter la réunion. "Ne m’imposez pas de rester, je pars pour des raisons que vous connaissez", allusion faite à son refus catégorique exprimé en tant que chef du gouvernement sur l’alliance avec l’USFP. Officiellement, Abdelilah Benkirane explique sa décision de se retirer de la réunion pour laisser le terrain libre à Saad Eddine El Othmani, afin qu’il puisse jouer son rôle de chef du gouvernement désigné.

Il se veut, à ce titre rassurant, déclarant qu’il soutiendra son parti jusqu’au bout. Benkirane s’accroche surtout à son statut de secrétaire général du parti, du moins jusqu’au prochain congrès prévu courant 2017. Mais il risque fort de ne pas rempiler pour un troisième mandat, puisque les statuts du parti n’en prévoient que deux. D’autant que le nouveau chef du gouvernement, Saad Eddine El Othmani, également président du conseil national du parti, s'est déjà opposé à cette éventualité, ce qui démontre que, tout second de la formation islamiste qu’il est, il ne partagerait pas totalement les points de vue et décisions de son secrétaire général.

D’ailleurs, El Othmani demeure optimiste quant à ses démarches puisque, s'exprimant après que Abdelilah Benkirane ait présidé une réunion du bureau politique de plus de quatre heures, a affirmé que les consultations avec les cinq autres partis de sa coalition, dont l’USFP contesté, portent toujours sur l'élaboration de l'architecture de sa future équipe gouvernementale.

Si l’on sait déjà que la coalition sera composée du bloc PJD-RNI-UC-MP-USFP-PPS qui réunit 240 sièges sur 395 au Parlement, on n’en est pas encore à la répartition des portefeuilles.

« Nous sommes toujours au stade de la mise en point et de la finition de cette ossature qui compterait, outre des ministres, des secrétaires d'Etat et des ministres délégués » a-t-il déclaré El Othmani, ajoutant : «Nous allons essayer de réduire le nombre de portefeuilles, cela va être difficile. Mais, c'est normal car nous avons une coalition de six partis politiques"


Le chef de gouvernement désigné a, d’autre part, démenti les informations parues dans la presse concernant de prétendues listes de ministrables et des prémices d'un blocage lié à la répartition des portefeuilles : "Aucun parti ne m'a encore donné de liste de ministres et je n'ai demandé à personne de me fournir cette liste", a-t-il précisé indiquant que ce qui a été écrit sur l'USFP et la supposée demande de son leader Driss Lachgar, d'obtenir quatre postes ministériels est "faux".

Au sein de l’opinion publique, le besoin d’informations est tel que les innombrables scénarios qui circulent sur la toile et dans la presse sont décortiqués, voire considérés comme plausibles, quoique l’on reste convaincu que la composition du nouvel exécutif ne sera réelle et officielle que lorsque le nouveau cabinet sera reçu par le Roi. D’ici là, les rumeurs et les spéculations vont bon train sur l’identité des futurs ministres. Il y a de tout: spéculations, inventions, conjectures, tentatives d'influence, manipulations...

Selon le secrétaire général du Mouvement populaire (MP), Mohand Laenser, pour l’instant, on ne connaît ni la répartition ministérielle définitive par parti ni les noms de ceux qui seront à la tête des départements mais le processus devrait bientôt aboutir» explique Laenser qui dévoile ne pas être candidat à un quelconque ministère, préférant se consacrer plutôt à la région de Fès-Meknès qu’il préside.
Alors que le gouvernement sortant comportait 39 ministères, le futur exécutif se situerait entre 25 et 30 portefeuilles. Telle serait du moins la proposition née du travail commun sur l'architecture du gouvernement et qui serait présentée au cabinet royal.

Concernant les ministrables du PJD, l’instance de proposition des candidats du parti a choisi, samedi 25 mars, une première liste de 30 noms devant être validée et/ou amendée par le secrétariat général qui a le dernier mot.
La bourse aux rumeurs présente les noms suivants comme favoris: Mustapha Ramid, Aziz Rebbah, Mustapha El Khalfi, Lahcen Daoudi, Abdelkader Amara, ou les parlementaires Mohamed Yatim, Abdelali Hamedienne, et Amina Mae El Aynine.

Avec ses 125 sièges à la Chambre basse, le PJD devrait obtenir une dizaine de portefeuilles et le reste sera distribué au prorata du poids législatif ou de l’expertise des autres partis. Dans l'ordre, le PJD aura la plus grosse partie, le RNI-UC viendront ensuite devant le MP et l’USFP, suivra enfin le PPS.
Selon des spéculations, le RNI devrait décrocher au moins quatre maroquins stratégiques tous liés aux affaires économiques. Aziz Akhanaouch, actuel ministre de l’Agriculture est pressenti pour prendre la tête d’un méga-ministère de l’Economie et ses ex-collègues Mohamed Boussaid, Moulay Hafid Elalamy et Rachid Talbi Alami seraient recasés dans des périmètres voisins. On ne parle nullement de Salaheddine Mezouar.
L’Union Constitutionnelle, qui forme un bloc avec le parti de la Colombe, devrait être représentée au gouvernement par son secrétaire général, Mohamed Sajid, Driss Radi et Hassan El Bayba.
Pour le MP, on cite les noms de Driss Merroun, Mohamed Moubdii et Mohamed Ouzzine pourtant limogé du gouvernement sortant pout le scandale des « raclettes ».

Du côté du parti de la Rose, quatre noms reviennent dans le casting gouvernemental dont celui du premier secrétaire Driss Lachgar, contesté, et par qui le blocage est arrivé, quoiqu’il a précédemment déclaré qu’il ne désirait pas être ministre, avant qu’il ne soit "exhorté" par son bureau politique pour "une participation qualitative" dans le futur gouvernement. Lachgar qui n’attendait peut-être que cela, est donc désormais partant pour le ministère de l’Habitat ou celui de la Justice, vu sa profession d’avocat.
L’ancien directeur de la bibliothèque nationale, Driss Khrouz est annoncé sans aucune certitude à la Culture, le journaliste Younes Moujahid à la Communication et Abdelkrim Benatiq à l’emploi.

Le PPS, fidèle allié du PJD, qui n’a obtenu que 12 sièges au Parlement ne devrait pas décrocher plus de deux portefeuilles destinés probablement au secrétaire général Nabil Benabdellah et au ministre sortant de la santé Houssaine Louardi qui avait pourtant assuré ne plus vouloir être ministre.

Concernant la place des ministres non partisans, le seul nom qui revient avec insistance est celui du ministre délégué Nasser Bourita en tant que ministre des affaires étrangères et de la coopération. Pour le reste, Ahmed Taoufiq est annoncé par la rumeur au département des Habous et des Affaires islamiques. Parfois d'autres noms comme celui de Mohammed Abbadi sont avancés pour le même portefeuille.
On parle aussi du maintien de Mohamed Louafa et de l’intégration de Meriem Bensalah, président de la CGEM.

Mais, au stade où en sont les choses, toutes ces suppositions ne relèvent que de la pure spéculation car le gouvernement ne sera finalisé et constitué que lorsqu’il sera reçu et approuve par le Roi Mohammed VI à qui revient le dernier mot.

Synthèse de Mohamed ABOUABDILLAH




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