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Rencontre accélérée du chef de gouvernement désigné Saâdeddine El Othmani avec les chefs de partis politiques

Rencontre accélérée du chef de gouvernement désigné Saâdeddine El Othmani  avec les chefs de partis politiques

Le 29-03-2017 à 09:10:09

Il n’aura fallu que trois jours après sa nomination pour que le nouveau chef du gouvernement désigné, Saâdeddine El Othmani, entame des consultations accélérées avec les chefs de partis en vue de composer une majorité et un gouvernement.

Cela a commencé par le parti de l’Istiqlal, suivi du duo Rassemblement national des indépendants (RNI) et Union constitutionnelle (UC) ; ensuite le Parti authenticité et modernité (PAM), le parti du progrès et du socialisme (PPS), le Mouvement populaire (MP) et enfin l’Union socialiste des forces populaires (USFP).
Chacune de ces rencontres n’a duré qu’un petit quart d’heure. Rien n’a filtré des pourparlers, sinon des généralités sans importance. La langue de bois est toujours de mise !
Donc, à la fin de cette première journée de prise de contacts, rien n’est décidé, et rien ne transparaît, sauf que certaines évidences s’imposent :
1) Cette faculté du sourire permanent de Saâdeddine El Otmani, avec tout le monde, amis ou moins amis ; même pendant les moments difficiles ;
2) La « confiance » d’Akhannouch en El Othmani ;
3) La « rapidité » revendiquée par Laenser ;
4) Le maintien dans le circuit de personnages pourtant classés indésirables comme Ouzine ;
5) Le divorce probable entre l’USFP et le RNI ;
6) Un début de décrispation entre l'USFP et le PJD ;
7) Le maintien du PAM dans sa position de non-participation, jusqu'à nouvel avis ;
8) L’absence confirmée du FGD.

Désigné par le Roi Mohammed VI, le vendredi 17 mars courant, le numéro 2 du parti justice et développement (PJD), Saâdeddine El Othmani, a réuni dès le week-end suivant, en session extraordinaire, le Conseil national du parti qui, au bout de 11 heures de débat, est sorti avec un communiqué qui est, pour le moins qu’on puisse dire, très laconique.

Les membres du Conseil national ont repris à leur compte les positions du secrétariat général qui avait soutenu Abdelilah Benkirane lors de ses tractations. Puis ils ont parlé méthodologie politique, respect de la volonté populaire et logique démocratique pour, finalement, confier au secrétariat général le soin d’accompagner El Ohmani dans ses négociations pour la formation d’une équipe gouvernementale, insistant sur l’esprit de consensus qui doit prévaloir et surtout sur la célérité à apporter à la formation du gouvernement.

C’est le mardi 21 mars que les concertations ont démarré, dans l’ordre décroissant des résultats électoraux. Saâdeddine El Othmani était entouré de Mohamed Yatim, Mostafa Ramid et Lahcen Daoudi.

Le secrétaire général du PAM, Ilyas el Omari, qui dvait être reçu en premier, se trouvait à Tanger en raison de la présence royale dans cette ville. C’est donc une délégation du parti de l’lstiqlal qui a été reçue en premier lieu, composée de Mohamed Soussi, Bouameur Taghouane et Hamdi Ould Rachid, un trio désigné par le dernier Conseil national extraordinaire du parti, le leader Hamid Chabat étant donc exclu des pourparlers à cause des sévères querelles internes qu’il a provoquées au sein de l’institution istiqlalienne.

A l’issue de la réunion qualifiée de conviviale, Mohamed Soussi a sobrement réitéré la position initiale de son parti, à savoir la volonté d’entrer au gouvernement et celle, à défaut, d’apporter son soutien parlementaire au gouvernement présidé par le PJD.

Il faut noter, à ce propos, le changement de la donne politique, avec le départ de Benkirane, qui redonne espoir aux amis de Chabat de figurer, enfin, dans le gouvernement, ce qui pourrait changer radicalement la position plutôt chahutée de Chabat au sein de son parti, en cela qu’il est très fortement menacé de s’en aller à l’issue du congrès de fin avril prochain, sachant qu’à l’Istiqlal, on ne change pas un secrétaire général qui aura permis d’entrer au gouvernement, c’est la tradition, et même si le secrétaire général n’est pas ministre. Une dernière chance que Hamid Chabat veut saisir comme bouée de sauvetage.

Le même mardi, El Othmani recevra le duo solidaire Aziz Akhannouch (RNI) et Mohamed Sajid (UC).
A la fin de la rencontre, le chef du RNI a déclaré faire confiance au nouveau chef du gouvernement désigné, à qui il a souhaité plein succès dans sa mission, le félicitant pour la confiance Royale .

Akhanouch a expliqué que son parti et l’UC soutiennent et soutiendront encore El Othmani, et veulent adhérer à sa majorité et à son gouvernement. « Nous faisons donc confiance à Ssi El Othmani et lui laisserons le temps qu’il voudra pour réunir sa majorité afin d’atteindre ce qu’il veut et ce que veut le pays aussi ».

De l’USFP qui constituait la pomme de discorde entre Akhannouch et Benkirane, il n’aurait pas été question, du moins face à la presse, mais il serait prématuré de dire que le RNI renoncera à Driss Lachgar et son parti ; tout dépendra de l’attitude du PJD à trouver une solution pour le parti socialiste.

Ilyas El Omari du parti authenticité et modernité (PAM) est arrivé à son tour en fin d’après-midi, accompagné de la présidente de son Conseil national, Fatima-Zahra Mansouri,

A la sortie, Ilyas El Omari a loué le fait de rencontrer « tout le monde » et de parler à tout le monde, « ce qui est une bonne chose, qui doit rester, maintenant et à l’avenir, car le dialogue et l’écoute de l’autre sont une vertu, même si on diverge. Cela étant, chacun campe sur ses positions ». Contrairement aux autres chefs de parti, El Omari a répondu volontiers aux questions des journalistes, dont celle de la participation éventuelle du PAM au gouvernement : « Je crois qu’en l’état actuel des choses, il est prématuré d’en parler ».

Petit moment de flottement quand la question directe est posée de savoir si la participation a été évoquée, ou proposée, par El Othmani. El Omari tend alors le micro au chef du gouvernement désigné, qui décline et lui murmure de redire que c’est prématuré. El Omari conclue de manière perfide : « Ce n’est pas nous qui n’avons pas le temps, mais lui (NDLR : El Othmani)… Et nous en sommes encore à notre position du 8 octobre ». En d’autres termes : « Nous optons encore pour l’opposition jusqu’à nouvel avis !».

Pour le cas du parti du progrès et du socialisme (PPS) c’est Nabil Benabdallah, accompagné de Khalid Naciri et d’Abdelouahed Souhail, de visiter le siège du PJD, pour y rencontrer le trio du PJD.

Reçu par un solide « Bonjour camarade » que lui a lancé le chef du gouvernement désigné, le PPS et le PJD étant amis depuis longue date, la rencontre était apparemment détendue. A sa sortie, le chef du PPS a d’ailleurs appuyé sur le « caractère amical », expliquant « que les raisons qui ont prévalu pour la participation du PPS au précédent gouvernement sont toujours inchangées, et que le parti intègrera le gouvernement El Othmani si les conditions sont requises ( ?!?) ».

Benabdallah a aussi parlé de la nécessité d’élaborer un programme de la coalition gouvernementale et a évoqué, de façon inédite, l’idée d’une charte de valeurs qui encadrera l’action de l’Exécutif à former. Le secrétaire général du PPS semble confiant et certain que le gouvernement El Othmani se fera, finalement.
Quant au Mouvement populaire (MP), c’est Mohand Laenser, accompagné de Saïd Ameskane, lointain ministre, et de Mohamed Ouzine, plus connu du surnom de l’ « homme à la raclette », rencontre à son tour El Othmani. A sa sortie, il a déclaré que « le MP apportera son soutien pour la formation du gouvernement, qui doit être rapide pour l’intérêt supérieur du royaume », estimant que les écueils passés pouvaient et devaient être dépassés.

Pour ce qui est enfin de l’union socialiste des forces populaires (USFP), Driss Lachgar est venu avec Abdelkarim Benatiq et Younes Moujahid, le premier étant ancien et lointain ministre, et le second aspirant à le devenir.

Devant les journalistes, le Premier secrétaire a annoncé qu’il avait parlé à El Othmani en amazigh (rires dans la salle) et a insisté sur le fait que le Bureau politique, unanime, a décidé d’ « adhérer totalement à la mission du chef du gouvernement désigné pour l’aider à réussir sa mission ». Puis il a adressé une requête aux médias, leur demandant une certaine mesure dans leur action, « pour aider à faire avancer les choses, et ne pas publier des faits qui n’ont pas de relation avec la réalité ».

A retenir, une petite phrase inattendue mais cruciale : « La décision de notre parti est souveraine et, je le dis et je le répète, je n’accepterai d’aucune partie de parler en notre nom. Les négociations seront menées avec nous-mêmes et avec personne d’autre en notre nom ». On peut lire cela comme une dissociation de l’USFP avec le RNI qui, jusque-là, a parlé au nom de l’USFP avec Benkirane. On peut également penser que si le PJD insiste pour la non-participation de l’USFP, et que la même USFP marque son accord, unilatéralement, le gouvernement sera enfin formé… quitte à mijoter un léger remaniement plus tard…

A propos de l’Amazigh, on remarquera que cette langue est usitée par El Othmani, Akhannouch, El Omari, Mohamed Soussi et Laenser, étant tous des Imazighen. Un signal en ces temps de discussion de l’officialisation de cette seconde langue du Royaume.

Fait marquant : la fédération de la gauche démocratique (FGD) ne fait pas partie du lot des délégations reçues par le chef du gouvernement désigné. Pour les uns, c'est Nabila Mounib qui aurait décliné l’invitation de Saâdeddine El Othmani , alors que pour d’autres, ce parti n’aurait pas été convié à s’associer aux concertations.

Donc, à la fin de cette première journée de prise de contacts, rien n’est décidé, et rien ne transparaît, sauf que certaines évidences s’imposent :
1) Cette faculté du sourire permanent de Saâdeddine El Otmani, avec tout le monde, amis ou moins amis ; même pendant les moments difficiles ;
2) La « confiance » d’Akhannouch en El Othmani ;
3) La « rapidité » revendiquée par Laenser ;
4) Le maintien dans le circuit de personnages pourtant classés indésirables comme Ouzine ;
5) Le divorce probable entre l’USFP et le RNI ;
6) Un début de décrispation entre l'USFP et le PJD ;
7) Le maintien du PAM dans sa position de non-participation, jusqu'à nouvel avis ;
8) L’absence confirmée du FGD.
Finalement si, d’une manière générale, rien de bien croustillant n’a filtré de ces rencontres à la cocotte-minute qui auraient duré moins d’un quart d’heure chacune, on apprendra tout de même que l’ambiance était cordiale et les sourires et poignées de mains étaient de mise, protocole oblige. Ce qui, en fin de compte, ne veut pratiquement rien dire pour les observateurs pragmatiques.
Et si on passait aux choses sérieuses avec toute la franchise et la transparence que cela implique.
Remuons-nous positivement, le peuple marocain en a assez de la langue de bois et du populisme stérile.
Il a assez attendu. Donc Basta !!!.





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