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Benkirane déraille…!

Benkirane déraille…!

Le 27-02-2017 à 10:22:42

Abdelilah Benkirane a été nommé chef du gouvernement, chargé de former son équipe, depuis maintenant quatre mois et demi. Et rien de nouveau depuis que les choses se sont compliquées avec le président du rassemblement national des indépendants (RNI) Aziz Akhannouch et celui du mouvement populaire (MP) Mohand Laenser, qui insistent pour inclure l’union socialiste des forces populaire (USFP) de Driss Lachgar dans la majorité afin d’éviter à ce parti de basculer dans l’opposition, chose qui mettrait le gouvernement en position de faiblesse devant une forte opposition contrôlant les deux chambres du parlement.

Mais Benkirane, mis sous pression par des dirigeants influants de son parti justice et développement (PJD), refuse mordicus l’option d’Akhannouch et Laenser et commence à être gagné par la nervosité qui apparaît à travers ses messages, au début codés et maintenant de plus en plus clairs, chaque fois essayant de trouver un bouc émissaire pour le responsabiliser de son échec.
Seulement, cette fois, il a déraillé en commettant une « Benkibavure » de trop !

Le weekend dernier, en meeting interne de son parti, le chef du gouvernement désigné a dit deux choses, allant, cette fois, plus loin que d’habitude :
Premièrement, il a estimé qu’« il n’est pas normal que le Roi aille proposer la prospérité à certains peuples africains, et que nous humilions le peuple marocain ».

Pour lui, « l’humiliation du peuple marocain, c’est lorsqu’on ne respecte pas sa véritable volonté ». Il faut comprendre par là que cette volonté réside dans le fait que le PJD a été donné majoritaire lors des dernières législatives et que cela donne à ce parti carte blanche pour former le gouvernement, sans contestation d’aucune sorte.

Ces propos rapportés par la presse ont contraint Benkirane à apporter des clarifications en accusant les médias d’avoir mal interprété ses dires : « Il faut une certaine réserve dans la presse Il n’est pas normal que tout le monde dise tout ce qui lui passe par la tête. Mon propos est clair : on ne peut ignorer le rayonnement qu’a gagné le Maroc avec les œuvres de Sa Majesté… mais il n’est ni normal ni sérieux que nous, partis, restions au Maroc sans gouvernement depuis 4 ou 5 mois. Ce n’est pas sérieux. Il nous faut arriver à un résultat dans les plus brefs délais… ».

Ces explications tout à fait décousues témoignent d’un certain embarras et un désarroi qui déstabilisent Benkirane.

La deuxième chose c’est lorsque le chef de gouvernement désigné a déclaré : «J’attends le retour de Sa Majesté pour lui proposer un gouvernement, ou l’informer de mon incapacité à en former un ».
Cette affirmation sonne comme un ultimatum lancé à Aziz Akhannouch et à Mohand Laenser. Et de fait, il faut bien que les choses aient une fin. Soit il y a gouvernement, soit il n’y en a pas, auquel cas Abdelilah Benkirane devra se démettre de cette mission et laisser au Roi le soin de décider de la démarche à suivre.
Selon un membre du bureau du PJD, le délai de la formation du gouvernement est fixé au retour du Chef de l’Etat, en ce sens qu’ « il n’est pas possible que Benkirane poursuive sur une voie sans issue, et accepter de continuer de se placer sous la férule de certains acteurs politiques qui veulent imposer un parti au chef du gouvernement désigné », allusion faite évidemment à Akhannouch et Laenser. « Pourquoi est-ce à Benkirane d’accepter des concessions ? Pourquoi les autres ne partagent-ils pas son calvaire ? s’interroge le PJDiste.
Ceci nous amène donc à constater que le Maroc aura – ou non – un gouvernement dans les 15 jours à venir, quand le Roi Mohammed VI aura achevé sa tournée africaine.

En attendant, lundi dernier, devant le Forum international de la justice sociale, Abdelilah Benkirane a changé son fusil d’épaule pour tirer dans tous les sens, affirmant que « la logique universelle nous apprend que les peuples arrivent généralement à ce à quoi ils s’attendent, et nous avons un poète qui dit que si un peuple veut la vie, il lui faut subir le destin ». Puis il développe à sa manière, son idée en expliquant que « les élites se réservent ce qui leur faut pour leur bonheur, alors que le reste des populations attend ».

Mais, poursuit Benkirane : « tout le monde veut les réformes, tout le monde recherche des solutions, mais personne ne veut se sacrifier. Tout le monde veut réaliser ce qu’il y a de positif dans les slogans, mais attention, ne touchez à rien de ce qu’ils possèdent, argent, pouvoir, privilèges… ». Et Benkirane de revenir à sa rengaine : « Il faut savoir renoncer, parfois, à un peu de ce qu’on possède, pour ne pas perdre le fondement de la prospérité, qui est la stabilité ».L’allusion est claire et les personnes visées aussi.

On sent donc l’énervement d’un chef du gouvernement arrivé à bout de patience, convaincu d’avoir tout accepté, sans reconnaissance en retour. Maintenant qu’il a accepté la logique de la reconduction de l’ancienne majorité au lieu de celle de la koutla, pour son gouvernement, et maintenant qu’l a accepté d’intégrer la petite union constitutionnelle (UC) de Mohamed Sajid, alliée du RNI, Benkirane ne veut plus aller plus loin, en cédant aussi sur l’USFP.

C’est clairement exprimé dans le message adressé à Akhannouch… « Je n’irai pas plus loin, quitte à tout casser… », tel est le sens de ce message. Au sens de Benkirane, il appartient donc au président du RNI de renoncer, à son tour, à l’USFP. « Et si, comme il le craint, la majorité formée sans le parti de Driss Lachgar est incertaine et ne permet pas de faire voter les lois face à l’opposition, il sera alors toujours temps d’appeler l’USFP au gouvernement avec un strapontin ou deux », explique Benkirane, estimant que « les socialistes ne diront pas non ! ».

Abdelilah Benkirane voudrait ainsi faire de l’USFP une simple roue de secours pour le cas où son gouvernement aurait une crevaison en cours de route…

Qu’en pense l’USFP ? Driss Lachgar estime que la réactivité du Roi dans la nomination de Benkirane en tant que leader du parti vainqueur n’a pas été suivie par le chef de gouvernement désigné dans la constitution d’une majorité confortable, critiquant par là «la lenteur» qui a marqué ce processus.

Le parti de la rose reproche à Benkirane d’avoir «failli à sa responsabilité politique» et de n’avoir pas garanti au processus de négociation toutes les conditions nécessaires à sa réussite, dans un climat de dialogue participatif.

« La seule issue demeure celle de la démarche participative. Pour remettre le train sur les rails, l’USFP estime que la tâche de Benkirane lui impose de maîtriser les outils de négociation, mais avant cela, d’instaurer un climat de confiance et un contexte d’interaction positive ». Cela impliquerait nécessairement un retour à la case départ.

C’est conclure donc que les choses resteront au point mort jusqu’au retour du Roi. C’est pour cela que les regards de la classe politique sont maintenant rivés sur l'agenda royal.

Mais, on retiendra le fait que, cette fois, Benkirane a vraiment déraillé en commettant une attaque perverse, affirmant, mine de rien : « Le Roi réglerait les problèmes des pays africains alors qu'on humilie le peuple marocain !!!». Ses proches expliquent qu'en fait « il voulait dire que les partis politiques ne sont pas à la hauteur de l'action royale ». Or, chacun sait que la politique africaine du Roi est un vrai succès. C’est économiquement une opportunité extraordinaire.

Toujours est-il que, d’une manière ou d’une autre, le mal est fait et que les adversaires de notre unité territoriale ont saisi au vol cette nouvelle « Benkibavure ». Une de trop ! Et ils ont en fait un chou gras. C’était prévisible !

Maintenant voyons ce qui pourrait arriver si Abdelilah Benkirane ne parvient effectivement pas à former un gouvernement. Car, c'est une possibilité dont la probabilité est très réduite, mais qui pourrait se réaliser.
On peut dégager trois scénarios.

Le premier consiste dans la nomination d'une autre personnalité du PJD, ce qui est tributaire de l’acceptation de ce parti, chose qui n’est pas évidente car le nouveau venu devra alors détrôner Benkirane, ce qui ne serait pas du goût de l’ensemble des PJDistes.

La deuxième probabilité consiste dans l'organisation de nouvelles élections législatives. Dans un contexte de relâchement politique, ces élections connaitront le taux de participation le plus bas de l'histoire du pays.
Le troisième scénario nécessite une révision constitutionnelle par le parlement ou par referendum pour la reprise de l'article 47 dans le sens de prévoir des alternatives dans le cas où le chef du gouvernement ne serait pas en mesure de former une majorité.

Il reste pourtant une autre alternative. Plus simple celle-là. Le Roi pourrait, en effet, inviter les différents acteurs politiques concernés à se rasseoir autour d’une table et à travailler comme des « Grands », en vue d’une entente sur une solution salvatrice, digne de la confiance qui est placée en eux par le Souverain et par le peuple marocain.

De cette manière, ils auront prouvé qu’ils travaillent effectivement dans l’intérêt de ce pays. Et rien d’autre !!.!

Synthèse de : Mohamed ABOUABDILLAH





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