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Formation du Gouvernement : Blocage et retour à la case départ : à qui la faute ?

Formation du Gouvernement : Blocage et retour à la case départ : à qui la faute ?

Le 16-01-2017 à 12:24:04

Après trois mois de gestations, le chef de gouvernement nommé, Abdelilah Benkirane, a annoncé le 8 janvier courant, par voie de communiqué pour le moins lapidaire et sévère, l'impossibilité de constituer une majorité, signifiant son désaccord avec son principal partenaire de l’heure, le président du Rassemblement national des indépendants (RNI), Aziz Akhannouch, verrouillant ainsi toute issue probable vers une possible entente bilatérale et positionnant la constitution du futur gouvernement dans un cul de sac qui n’est pas le premier, après pourtant un semblant d’avancée vers la sortie d’un précédent blocage.

Pour certains, la formule adoptée par Abdelilah Benkirane, ajoutée à de précédentes attitudes marginales, ne serait pas le propre d’un chef du gouvernement dont on attend pondération et sens du dialogue, quelle que soit la situation. Cette façon de faire, sous l’influence des cadres du PJD, renvoie Benkirane au simple rôle de chef de parti. Or, il est avant tout attendu d’un chef de gouvernement qu'il reflète la stature d’un homme d’Etat.

«Aziz Akhannouch a promis de me répondre il y a deux jours à la question que je lui ai posée. Il ne l'a pas fait, préférant me répondre par un communiqué qu'il a rédigé avec d'autres partis auxquels je n'ai fait aucune proposition », écrit Benkirane, allusion faite à l’Union constitutionnelle (UC) de Mohamed Sajid, le Mouvement populaire (MP) de Mohand Laenser et l’Union socialiste des Forces populaires (USFP) de Driss Lachgar.

Benkirane conclura : « le chef du RNI est dans une position où il lui est impossible de me répondre. Les négociations pour la formation du gouvernement ne peuvent se poursuivre avec lui. La même chose concerne Mohand Laenser, secrétaire général du Mouvement populaire ».

Ce communiqué ressemble à un coup de massue et Akhannouch le considère comme un « carton rouge » l’éjectant avec ses alliés des pourparlers pour la formation gouvernementale.
Pour certains, la formule adoptée par Abdelilah Benkirane, ajoutée à de précédentes attitudes discutables, ne serait pas le propre d’un chef du gouvernement dont on attend pondération et sens du dialogue, quelle que soit la situation. Cette façon de faire, sous l’influence des cadres du PJD, renvoie Benkirane au rôle d’un chef de parti. Or, il est avant tout attendu de Benkirane qu'il adopte la stature d’un chef de gouvernement, donc d’un homme d’Etat.

Pour ce qui est d’Akhannouch, un homme d’apparence avisé et pondéré, plutôt sérieux, on peut encore comprendre qu’il soutienne l’UC dont il a fait son allié depuis le début. Mais ce qu’on comprendrait moins, c’est comment le président du RNI puisse-t-il entraîner dans son sillage l’USFP alors qu’il a préalablement tenu à faire écarter l’Istiqlal de Hamid Chabat. A souligner, au passage, que le comportement de Chabat lui aura finalement donné raison et facilité la tâche à tout le monde puisque le leader de l’Istiqlal a contribué à son propre évincement par sa sortie déplacée contre la Mauritanie, une bavure dont le Maroc n’avait pas besoin par les temps qui courent.

Que trouve donc Akhannouch d’attrayant chez Driss Lachgar et son parti ? Il pourrait avoir ses raisons mais il ne les dit pas. Comme d’ailleurs Benkirane qui n’avait fourni aucune explication au sujet de sa préférence pour l’Istiqlal.

C’est dire que l’avis du citoyen ne compte pas tellement pour les deux parties qui s’affrontent dans un duel aveugle, chacun s’admirant dans un miroir en se disant qu’il est le meilleur. De la mégalomanie pure et dure. Voire de la dictature politique marquée de blocages néfastes au pays et ses institutions.

Bref, la communication entre partis politiques est déplorable et ne concoure nullement à donner une image édifiante de la chose politique dans notre pays.

Toujours est-il, qu’en fermant la porte aux autres partis, Benkirane se retrouve simplement devant l’impossibilité de composer un gouvernement. Même s’il tente de repêcher l’Istiqlal, il ne disposerait que de 184 voix y compris celles de son allié traditionnel, le PPS de Nabil Benabdellah qui attend silencieusement dans l’ombre du PJD.

Cette alternative s’annonce cependant improbable, puisqu’il faut garder à l’esprit que le parti de l’Istiqlal traverse une grave crise interne et que le nombre des frondeurs y est élevé. Il n'est donc pas certain que Hamid Chabat qui a délégué la gestion du parti à un triumvirat de proches, puisse être reconduit à la tête du parti de la Balance, ce qui implique une réorganisation de ses instances dirigeantes, avant de pouvoir sortir la tête de l’eau.

Le parti des Tihadis, quant à lui, miroitant ses 20 sièges dont 6 tombés du ciel des listes nationales, voit les choses de haut et prétend, non seulement à des portefeuilles ministériels confortables, mais aussi au perchoir de la première chambre du parlement.

Vu sous cet angle, cela permet de donner raison à Benkirane d’y opposer son véto.
De son côté, le Mouvement populaire de Mohand Laenser montre à peine le bout du nez en se cachant derrière le RNI, vu la piètre image que certains de ses ministres ont donnée dans le gouvernement sortant.
Alors comment faire? Envisager une coalition avec le PAM. Ceci conduirait certes à une majorité confortable de 227 voix. Mais, cela signifierait pour Abdelilah Benkirane la fin de toute crédibilité devant ses militants. Et encore faudrait-il que le leader du parti du Tracteur, Ilyas El Omari accepte de jouer au secouriste, comme l’avait fait le RNI dans la gouvernement sortant. Cela impliquerait des conditions mettant Benkirane en position de faiblesse.

Donc, s’il veut composer un gouvernement, Abdelilah Benkirane n’aurait pas d'autre choix que celui de reprendre les négociations avec le président du RNI, Aziz Akhannouch. Le réalisme politique et les intérêts du pays dictent aux deux hommes de s’asseoir de nouveau autour d’une table pour négocier, face à face, et non pas par le biais de communiqués. « Aziz Akhannouch a promis de me répondre il y a deux jours à la question que je lui ai posée. Il ne l'a pas fait, préférant me répondre par un communiqué qu'il a rédigé avec d'autres partis auxquels je n'ai fait aucune proposition », écrit Benkirane, allusion faite à l’Union constitutionnelle (UC) de Mohamed Sajid, le Mouvement populaire (MP) de Mohand Laenser et l’Union socialiste des Forces populaires (USFP) de Driss Lachgar.

Benkirane conclura : « le chef du RNI est dans une position où il lui est impossible de me répondre. Les négociations pour la formation du gouvernement ne peuvent se poursuivre avec lui. La même chose concerne Mohand Laenser, secrétaire général du Mouvement populaire ».
Ce communiqué ressemble à un coup de massue et Akhannouch le considère comme un « carton rouge » l’éjectant des pourparlers pour la formation gouvernementale.

Pour certains, la formule adoptée par Abdelilah Benkirane, ajoutée à de précédentes attitudes discutables, ne serait pas le propre d’un chef du gouvernement dont on attend pondération et sens du dialogue, quelle que soit la situation. Cette façon de faire, sous l’influence des cadres du PJD, renvoie Benkirane au rôle d’un chef de parti. Or, il est avant tout attendu de Benkirane qu'il garde la stature d’un chef de gouvernement, donc d’un homme d’Etat.

Pour ce qui est d’Akhannouch, un homme d’apparence avisé et pondéré, plutôt sérieux, on peut encore comprendre qu’il soutienne l’UC dont il a fait son allié depuis le début. Mais ce qu’on comprendrait moins, c’est comment le président du RNI puisse-t-il entraîner dans son sillage l’USFP alors qu’il a préalablement tenu à faire écarter l’Istiqlal de Hamid Chabat. A souligner au passage que le comportement de Chabat lui aura finalement donné raison et facilité la tâche à tout le monde puisque le leader de l’Istiqlal a contribué à son propre évincement par sa sortie déplacée contre la Mauritanie, une bavure dont le Maroc n’avait pas besoin par les temps qui courent.

Que trouve donc Akhannouch d’attrayant chez Driss Lachgar et son parti ? Il ne le dit pas. Comme d’ailleurs Benkirane qui n’avait fourni aucune explication au sujet de sa préférence pour l’Istiqlal.
C’est dire que l’avis du citoyen ne compte pas tellement pour les deux parties qui s’affrontent dans un duel aveugle, chacun s’admirant dans un miroir en se disant qu’il est le meilleur. De la mégalomanie pure et dure. Voire de la dictature politique marquée de blocages néfastes au pays et ses institutions.
Bref, la communication entre partis politiques est déplorable et ne concoure nullement à donner une image édifiante de la chose politique dans notre pays.

Toujours est-il, qu’en fermant la porte aux autres partis, Benkirane se retrouve simplement devant l’impossibilité de composer un gouvernement. Même s’il tente de repêcher l’Istiqlal, il ne disposerait que de 184 voix y compris celles de son allié traditionnel, le PPS de Nabil Benabdellah qui attend silencieusement dans l’ombre du PJD.

Cette alternative s’annonce cependant improbable, puisqu’il faut garder à l’esprit que le parti de l’Istiqlal traverse une grave crise interne et que le nombre des frondeurs y est élevé. Il n'est donc pas certain que Hamid Chabat qui a délégué la gestion du parti à un triumvirat de proches puisse être reconduit à la tête du parti de la Balance.
Le parti des Tihadis, quant à lui, miroitant ses 20 sièges dont 6 tombés du ciel des listes nationales, prétend, non seulement à des portefeuilles ministériels confortables, mais aussi au perchoir de la première chambre du parlement.
Vu sous cet angle, cela permet de donner raison à Benkirane d’opposer son véto.
De son côté, le Mouvement populaire de Mohand Laenser montre à peine le bout du nez vu l’image catastrophique que certains de ses ministres ont donnée dans le gouvernement sortant.
Alors comment faire? Envisager une coalition avec le PAM, ce qui conduirait à une majorité confortable de 227 voix. Cela signifierait pour Abdelilah Benkirane la fin de toute crédibilité devant ses militants. Encore faudrait-il qu’Ilyas El Omari accepte de jouer au secouriste.

Donc, si Benkirane veut composer un gouvernement, il n'a pas d'autre choix que celui de reprendre les négociations avec le président du RNI, Aziz Akhannouch. Le réalisme politique et les intérêts du pays dictent aux deux hommes de s’asseoir de nouveau autour d’une table pour négocier, face à face, et non pas par le biais de communiqués. Dans cette optique, le nouveau blocage ne semble pas insurmontable. Dans la mesure où aucune des deux parties ne dispose de solutions de substitution, elles sont condamnées à trouver un terrain d’entente, en veillant à éviter les erreurs du passé.

Tout ceci nous amène à diagnostiquer certaines de ces erreurs commises durant ces trois derniers mois.
Il y a l’absence de méthode de travail et les insuffisances diplomatiques lors des négociations pour la constitution du gouvernement, ayant engendré des coups sous la table, des caprices désordonnés et la brutalité inutile des partenaires ayant chaque fois conduit à l’impasse.

Côté Benkirane, il faut souligner la confusion dans sa tête entre le chef de gouvernement et le chef de parti, ce qui l’amenait, à divulguer, chaque fois, le contenu bon ou mauvais, de ses négociations avec les autres partenaires, alors que les tractations devaient rester sous le sceau du secret.

A la limite, quels seraient les scénarios possibles en cas d’impasse réelle ? A notre sens, il en existe quatre :
1-Le chef du gouvernement désigné, Abdelillah Benkirane, reconnaît devant le Roi Mohammed VI son incapacité à composer un gouvernement. Le Souverain pourrait lui renouveler sa confiance et le charger de faire une autre tentative. Ce renouvellement de confiance serait interprété par les autres partis comme un signe de la plus haute autorité du pays en vue de faire aboutir dans les plus brefs délais la composition du gouvernement. Cela pourrait contribuer à plus de souplesse de part et d’autre.

2-Abdelillah Benkirane reconnaît devant le Roi Mohammed VI son incapacité à former un gouvernement. Face à cette situation qui n’est pas prévue dans la Constitution, toutes les mesures innovantes sont possibles. La plus plausible est que le Souverain désigne une autre personnalité plus consensuelle au sein du PJD, le parti qui a remporté le plus de voix pendant les élections législatives. Cette personnalité aura la charge de reprendre les négociations pour former un gouvernement. Outre le fait que ce deuxième scénario impliquerait d’ouvrir la voie à une interprétation des articles de la Constitution, il n’est pas certain que les militants du parti de la Lampe accepteraient un autre chef à la place de Benkirane.

3-Abdelillah Benkirane admet son échec à composer un gouvernement et le roi ordonne de refaire les élections législatives. Ce scénario est le moins probable compte tenu du coût qu’il génère et de la lourde mobilisation des appareils de l’Etat. Mais aussi de la perte de temps que cela impliquera.
4- Abdelillah Benkirane n’admet pas son échec à composer le gouvernement et perpétue la situation vécue depuis plus de trois mois, nonobstant le temps perdu
.
5- Devant la paralysie du gouvernement, le Roi Mohammed VI pourrait prendre une décision d’autorité, dictée par les intérêts supérieurs de la Nation.

Mais, après tout, rien n’est encore perdu et le chef de gouvernement nommé et ses partenaires des autres partis peuvent toujours reprendre calmement et paisiblement les négociations en mettant au devant de leurs priorités les intérêts de la Nation et uniquement les Intérêts de la Nation, car, la grandeur d’un homme politique se mesure au-delà des principes et des intérêts, à sa capacité de faire face aux situations pénibles, avec toute l’efficacité, la maturité et la maîtrise requises.
Tel est le vœu du peuple Marocain et de son Roi..

Mohamed ABOUABDILLAH




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